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- Publié le 27 mars 2026
Hausse des délits antireligieux et recrudescence des baptêmes

Cette semaine, le ministère de l’intérieur a publié ses dernières statistiques sur les crimes et délits racistes, xénophobes ou antireligieux. Il sont en hausse de 5% en 2025, une augmentation toutefois moins importante qu’en 2024 et 2023 et inférieure à la hausse moyenne de 7 % annuelle constatée sur la période 2016-2025.
Au total, en 2025, les services de police et de gendarmerie nationales ont enregistré plus de 9.700 crimes ou délits à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux, soit près de 500 infractions de plus par rapport à 2024. Les injures publiques représentent la moitié des crimes et délits, selon ce bilan 2025 du SSMSI. Plus de 6700 contraventions ont été dressées pour ce motif regroupant injures, provocations ou diffamations. Le chiffre est en baisse de 6% par rapport à 2024, précise le ministère dans son rapport.
Dans le détail, les crimes de sang - le ministère recense trois homicides et trois tentatives d’homicide - tout comme les atteintes aux biens, nettement plus rares cette année, représentent respectivement chacun 6 % de l’ensemble des crimes et délits dits « à caractère raciste ». Les victimes sont majoritairement des hommes (59%), âgés de 25 à 54 ans. Les jeunes sont moins touchés : 20% des atteintes et infractions concernent les moins de 25 ans.
Comme l’on pouvait s’y attendre, Paris se détache nettement avec un taux de crimes ou délits « à caractère raciste » enregistrés plus de trois fois supérieur à la moyenne nationale avec 2,1 victimes pour 10.000 habitants, la moyenne nationale étant de 1,4 crime ou délit pour 10.000 habitants.
La Lozère, le Cantal, la Creuse et le Gers enregistrent les taux les plus faibles pour ces infractions.
Nul doute que la situation politique mondiale et les conflits au Moyen Orient (Gaza et maintenant l’Iran) pèsent sur les résultats de 2025. Qu’en sera-t-il de ceux de 2026 ?
En 2023, le 7 octobre, suite à l’attaque du Hamas, les crimes et délits liés aux discriminations de toutes sortes ont bondi de 30%, avec une nette accélération en fin d’année. Cette attaque terroriste en Israël et ses conséquences au Proche-Orient avaient alors produit une forte hausse des actes antisémites en France.
« L’évolution du nombre d’atteintes enregistrées par la police et la gendarmerie nationales » écrit le ministère dans son rapport « reflète à la fois l’évolution du phénomène en lui-même, mais également celle de la propension de la population à déclarer ces actes auprès des forces de sécurité » suggérant également que cette évolution à la hausse tenait à « l’amélioration de leur prise en compte par les services de sécurité ».
On pourrait en déduire alors, que le phénomène de discrimination est déjà bien présent dans la population française et que son augmentation n’est que la manifestation d’affirmations identitaires et religieuses de plus en plus fortes et de plus en plus revendiquées. Le « Nous sommes tous des enfants de Gaza ! » entendu lors de l’élection municipale à Saint-Denis(93) en est un exemple prégnant et inquiétant. Dans un registre plus pacifique et conventionnel, l’annonce par l’Église catholique d’un nombre de baptêmes d’adolescents et d’adultes à nouveau en hausse en 2026 - ils seront 21 000 cette année - en est un autre, même si ce regain, déjà perçu ces dernières années, ne compense pas, loin de là, l’effondrement des baptêmes chez les enfants passés de 380 000 en l’an 2000 à 150 000 en 2024.
Cette hausse des délits antireligieux concomitante à la recrudescence des baptêmes chez les jeunes adultes catholiques ainsi qu’à celle de pratiques religieuses, comme le ramadan et la prière chez les musulmans, a de quoi nous interroger sur l’évolution sociologique de la République française et les trois valeurs, communes à tous, qu’elle porte, sans oublier le principe de laïcité sur laquelle elles reposent.
Même vieillissante, notre société française n’échappe pas à l’avenir. Elle n’échappe pas à sa jeunesse. Son devoir est alors de l’écouter dans toute sa diversité, de l’éduquer dans toute son unité, d’en prendre soin. C’est à cette seule condition que le phénomène de discrimination pourra réellement y baisser et disparaître.

Solidaires !
L’invasion de l’Ukraine par la Russie ne doit laisser personne indifférent !!! Outre les condamnations, en 2025, il faut continuer d’agir pour redonner et garantir son intégrité territoriale à l’Ukraine afin d’empêcher tout autre pays de suivre l’exemple terrible de "l’opération spéciale" russe.
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