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	<title>Croyances &amp; Villes</title>
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	<description>Explorez les mondes du croireactualit&#233;s, analyses et enqu&#234;tes.</description>
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		<title>Croyances &amp; Villes</title>
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		<title>La maladie, la mort et le droit &#224; mourir dans les trois religions du Livre et dans le bouddhisme</title>
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		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Loi sur un droit &#224; mourir : les positions th&#233;ologiques et morales des religions sont-elles prises en compte dans sa r&#233;daction ?&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://croyancesetvilles.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/les-religions-et-le-droit-a_-mourir-0c994.jpg?1780947480' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le texte de loi sur la fin de vie et le droit &#224; mourir dans la dignit&#233; sera &#224; nouveau examin&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale apr&#232;s que S&#233;nateurs et D&#233;put&#233;s aient &#233;chou&#233; en Commission mixte paritaire &#224; trouver une r&#233;daction commune. Suite &#224; cet &#233;ni&#232;me rebondissement, il nous est apparu utile de livrer &#224; nos lecteurs les positions th&#233;ologiques et morales de chaque religion. Leurs argument forment-ils &#171; le sous-texte &#187; de cette loi si difficile &#224; adopter et si importante pour des milliers de malades fran&#231;ais et leurs familles. D&#233;cryptage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;text-2xl font-bold text-b-assmat mt-4 mb-2&#034; id='Le-christianisme-la-foi-l-esperance-et-le-refus-de-l-euthanasie-volontaire'&gt;Le christianisme : la foi, l'esp&#233;rance et le refus de l'euthanasie volontaire&lt;/h2&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Y a-t-il une r&#233;ponse chr&#233;tienne universelle &#224; la question du bien mourir ? La r&#233;ponse est n&#233;gative. En effet, les interpr&#233;tations du bien mourir en christianisme sont multiformes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Les uns voient dans la souffrance qu'entra&#238;nent la maladie et la mort une valeur r&#233;demptrice en vue de pr&#233;parer la rencontre d&#233;finitive avec le Seigneur. Les autres soulignent que le contr&#244;le de la douleur dont parlent maintenant les soins palliatifs constitue la nouvelle orientation chr&#233;tienne face au mourir.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Certains proclament que le caract&#232;re sacr&#233; de la vie impose l'obligation de faire appel &#224; tous les moyens disponibles pour prolonger la vie (Vincent Lambert). D'autres affirment que la reconnaissance de la qualit&#233; de la vie du malade doit orienter les soins de fin de vie, d'o&#249; la distinction, popularis&#233;e par le Pape Pie XII, entre moyens ordinaires et moyens extraordinaires.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Ces consid&#233;rations forment les trois th&#232;mes qui ont nourri la r&#233;flexion catholique sur la fin de vie dans le dernier demi-si&#232;cle. Ces trois th&#232;mes sont les suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#8226;	L'action &#224; double effet exprime la responsabilit&#233; du chr&#233;tien &#224; l'&#233;gard des personnes dont la souffrance a envahi tout l'espace de la vie : il a le devoir de porter attention &#224; la qualit&#233; de la vie et d'adoucir leur souffrance m&#234;me au risque d'abr&#233;ger leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#8226;	La distinction entre moyens ordinaires et extraordinaires affirme les limites de la m&#233;decine &#224; l'&#233;gard du prolongement de la vie : la personne a la responsabilit&#233; de d&#233;cider des moyens qu'elle juge appropri&#233;s d'utiliser pour continuer &#224; vivre dans le contexte de sa maladie grave qui l'entra&#238;ne vers la mort. Les moyens th&#233;rapeutiques &#224; utiliser doivent donc &#234;tre jug&#233;s non en eux-m&#234;mes mais en fonction du sens que la personne malade donne &#224; sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#8226;	La conviction que l'arr&#234;t de traitement ne s'identifie pas &#224; faire mourir la personne malade. Depuis les ann&#233;es 1950, le christianisme a privil&#233;gi&#233; la th&#232;se que mettre un terme &#224; des traitements non appropri&#233;s n'&#233;quivalait pas &#224; l'euthanasie ou &#224; l'aide au suicide. L'arr&#234;t de traitement signifie la reconnaissance que nos moyens techniques ont atteint leurs limites et non la volont&#233; d'acc&#233;l&#233;rer la mort de quelqu'un. L'arr&#234;t de traitement constitue un geste d'humilit&#233; devant la mort alors que l'euthanasie affirme la volont&#233; de ma&#238;triser la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Ces trois th&#232;mes t&#233;moignent de la vision chr&#233;tienne de la mort : la vie humaine poss&#232;de une valeur de la plus haute importance mais n'est cependant pas sacr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Mais alors pourquoi refuser le droit &#224; mourir par soi-m&#234;me alors qu'il est accord&#233; &#224; un tiers (m&#233;decin, parents) ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;R&#233;ponse : Le bien mourir exige la reconnaissance de la finitude humaine. &#171; Qui sommes-nous quand nous sommes finis ? &#187; interroge le christianisme en envisageant ces questions fondamentales sous l'angle anthropologique et m&#233;taphysique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;L'esp&#233;rance chr&#233;tienne, entre autres, est source de toute une spiritualit&#233; qui permet &#224; la vie de m&#251;rir encore quand sa fin est toute proche. Le christianisme envisage de front la question de la souffrance, m&#234;me si sa mani&#232;re de le faire constitue parfois un probl&#232;me. N'oublions pas qu'il est n&#233; de la souffrance d'un homme mort sur une croix pour les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#192; partir de l&#224;, ne pas se d&#233;filer devant la souffrance de la mort tout en tentant de l'adoucir permet aux hommes de regarder en face leur r&#233;alit&#233; et d'en chercher le sens. D'o&#249; la compassion qui doit &#234;tre au c&#339;ur des attitudes des soignants &#224; l'&#233;gard des personnes qui sont malades. La compassion peut devenir une ouverture vers un sens possible, une promesse d'esp&#233;rance. Sans alt&#233;rit&#233; au moment o&#249; la souffrance d&#233;truit le sens, il n'y a pas de dignit&#233; humaine possible.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Cette compassion a fait na&#238;tre les soins palliatifs qui ont surgi dans la mouvance chr&#233;tienne. Ceci explique d'autant son refus de l'euthanasie volontaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;text-2xl font-bold text-b-assmat mt-4 mb-2&#034; id='Le-judaisme-la-charite-contrariee-de-la-mort-fatale'&gt;Le juda&#239;sme : la charit&#233; contrari&#233;e de la mort fatale &lt;/h2&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Que r&#233;pond le juda&#239;sme &#224; la question qui nous occupe ici ? En fait, dans le juda&#239;sme, cette question en soul&#232;ve une seconde qui prend beaucoup d'ampleur dans les discussions talmudiques. Les hommes ont-ils le droit d'intervenir dans le cours de la maladie pour tenter de la gu&#233;rir et ainsi s'opposer au cours naturel des choses. Intervenir, n'est-ce pas manquer de confiance en Dieu qui gu&#233;rit (Exode. 15,26) ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;La Thora affirme que la sant&#233; repr&#233;sente une r&#233;compense divine pour une bonne conduite et la maladie, une punition pour le p&#233;ch&#233; et la transgression (Exode. 15,26 ; Levitique., 26,14-16 ; Deut&#233;ronome, 28,61). Et pourtant la m&#233;decine joue un r&#244;le essentiel puisque Dieu donne &#224; l'homme le mandat de gu&#233;rir la maladie. La m&#233;decine est m&#234;me consid&#233;r&#233;e comme une vocation : le m&#233;decin re&#231;oit permission de gu&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Il en va de la t&#226;che du m&#233;decin comme du devoir de charit&#233; qui s'impose lorsque quelqu'un est dans le besoin et fait appel &#224; la bont&#233; de son voisin. L'affliction de la maladie ne diff&#232;re pas de celle de la pauvret&#233;. Dans les deux cas, les hommes sont invit&#233;s &#224; laisser la th&#233;ologie &#224; Dieu et faire leur devoir moral.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le devoir de charit&#233; du m&#233;decin est &#224; l'image de l'agir de Dieu pour les &#234;tres humains. Ce faisant le juda&#239;sme comme le christianisme ne conna&#238;t pas l'expression &#171; caract&#232;re sacr&#233; de la vie &#187; mais bien celle de valeur infinie de la vie. Le sacr&#233; ne rel&#232;ve pas de la charit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Une premi&#232;re cons&#233;quence de ceci concerne la t&#226;che du m&#233;decin. Ce dernier doit aider ses patients &#224; retrouver leur force spirituelle aussi bien que leur bien-&#234;tre physique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Une deuxi&#232;me cons&#233;quence tient au refus de toute discrimination &#224; l'&#233;gard de quelle que forme de vie humaine que ce soit. L'obligation s'impose de sauver toute personne, quel que soit son handicap et sa gravit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Une troisi&#232;me cons&#233;quence a trait au fait que Dieu est le ma&#238;tre de la vie. Nul n'a un droit sur la vie des autres ou la sienne propre. La vie est un don de Dieu qui a &#233;t&#233; confi&#233; &#224; la charge de l'homme : Dieu seul donne la vie et lui seul peut la reprendre. Cette derni&#232;re cons&#233;quence que nous voulons mentionner int&#233;resse notre propos puisqu'elle touche le patient lui-m&#234;me : ce dernier a l'obligation de se faire traiter. La souffrance et la qualit&#233; de la vie ne sont pas des facteurs &#224; prendre en compte dans une d&#233;cision m&#233;dicale. L'arr&#234;t de traitement, tel qu'en parle le christianisme, est ici inacceptable.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Mais alors que faire dans les situations o&#249; le patient demande que les traitements soient arr&#234;t&#233;s et d'autres o&#249; le m&#233;decin reconna&#238;t que ses moyens th&#233;rapeutiques ont &#233;puis&#233; leur efficacit&#233;. Pourquoi alors poursuivre les traitements ? Jusqu'o&#249; va l'obligation de traiter et de se faire traiter ? Hormis l'&#233;thique biom&#233;dicale en Am&#233;rique, les valeurs juives sont donc mises &#224; mal par les d&#233;veloppements de la biom&#233;decine et ses moyens qui paraissent rendre impossible le respect de ces valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;text-2xl font-bold text-b-assmat mt-4 mb-2&#034; id='L-islam-Foi-et-esperance-le-bien-mourir-musulman-exclut-le-suicide-et-nbsp'&gt;L'islam : Foi et esp&#233;rance - le bien mourir musulman exclut le suicide et l'euthanasie.&lt;/h2&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le bien mourir dans la religion musulmane trouve-t-il son expression la plus achev&#233;e dans la mort volontaire des guerriers de l'Islam qui se font exploser vivants ? Ici encore les r&#233;ponses sont diversifi&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les textes du Coran cit&#233;s le sont d'apr&#232;s Le Coran I et II, collection Folio (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Que dit le Coran de la mort ? &#171; Il n'appartient &#224; personne de mourir si ce n'est avec la permission de Dieu et d'apr&#232;s ce qui est irr&#233;vocablement fix&#233; par &#233;crit &#187;. La vie sur terre est un devoir que Dieu exprime ainsi &#224; Adam et &#200;ve apr&#232;s leur faute : &#171; Vous serez ennemis les uns des autres. Vous trouverez sur la terre un s&#233;jour et une jouissance pour un temps limit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Il dit encore : &#171; Vous y vivrez, vous y mourrez et on vous en fera sortir &#187; (S.VII, V.24-25). La mort ne repr&#233;sente pas une punition mais constitue la fin d'une &#233;tape et le d&#233;but d'une vie nouvelle qui va culminer au jour de la R&#233;surrection et du jugement final. Mais alors quelles sont les cons&#233;quences de cette vision pour le travail du m&#233;decin ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Il semble que les premiers musulmans tenaient la m&#233;decine en si haute estime qu'ils firent appel &#224; la connaissance des Grecs et des Juifs afin d'am&#233;liorer la qualit&#233; de leur m&#233;decine. Cette d&#233;marche se comprend bien dans le cadre de la sourate V verset 22, qui affirme : &#171; celui qui sauve un seul homme est consid&#233;r&#233; comme s'il avait sauv&#233; tous les hommes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Malgr&#233; l'obligation de faire appel au m&#233;decin, il est &#233;videmment pr&#233;f&#233;rable que celui-ci soit de la m&#234;me foi que le patient musulman car le m&#233;decin musulman joue le r&#244;le de m&#233;diateur entre les sph&#232;res m&#233;dicale et religieuse. Le m&#233;decin a la responsabilit&#233; d'aider la personne malade &#224; gu&#233;rir en raison du fait que c'est Dieu seul qui d&#233;cide la mort de quelqu'un. Le proph&#232;te affirme m&#234;me que Dieu n'a pas cr&#233;&#233; de maladie pour laquelle il n'a pas cr&#233;&#233; de gu&#233;rison, sauf dans le cas de la vieillesse.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;En 1981, la premi&#232;re conf&#233;rence internationale sur la m&#233;decine islamique qui s'est tenu &#224; Koweit confirmera dans l' Islamic Code of Medical Ethics, que la responsabilit&#233; du m&#233;decin est de soutenir le malade et reconna&#238;t que la sant&#233; est un bien humain fondamental. Les patients en phase terminale doivent donc recevoir les soins appropri&#233;s, &#234;tre soutenus moralement, ce qui implique qu'il faut veiller &#224; adoucir leurs douleurs et leurs souffrances. Les soins doivent &#234;tre appropri&#233;s &#224; la situation personnelle du malade. Le patient doit &#234;tre profond&#233;ment respect&#233; jusqu'&#224; son passage vers l'autre vie. Peu de diff&#233;rence avec la position chr&#233;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le bien mourir musulman exclut le suicide et l'euthanasie. Ces deux gestes vont contre Dieu qui seul d&#233;cide : &#171; Celui qui a tu&#233; un homme [&#8230;] qui n'a pas commis de violence sur la terre est consid&#233;r&#233; comme s'il avait tu&#233; tous les hommes. &#187; (S.V, V.32).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Ce bien mourir n'exclut pas cependant la t&#226;che m&#233;dicale de minimiser les souffrances des patients. Les savants doivent faire des recherches &#224; ce propos. Quant &#224; l'arr&#234;t de traitement, la r&#233;ponse est la suivante : &#171; Si les m&#233;decins ont l'obligation de garder branch&#233;s les appareils qui prolongent la vie de la personne, ils doivent les d&#233;brancher si ces appareils ne prolongent que le mourir &#187; L'euthanasie n'en est pas moins formellement condamn&#233;e car ce ne serait pas respecter l'&#234;tre humain.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Par tout une part d'elle-m&#234;me, la religion musulmane s'inscrit donc dans la ligne des deux traditions pr&#233;c&#233;dentes puisqu'elle fait de la vie sur terre un bien &#224; prot&#233;ger et une &#233;tape vers autre chose et les rejoint aussi dans leur reconnaissance de la m&#233;decine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;text-2xl font-bold text-b-assmat mt-4 mb-2&#034; id='Le-bouddhisme-la-vie-du-bouddhiste-est-envisagee-dans-une-liberation-de-la-nbsp'&gt;Le bouddhisme : la vie du bouddhiste est envisag&#233;e dans une lib&#233;ration de la Souffrance &lt;/h2&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Dans son premier sermon, dit &#171; du Parc aux daims &#187;, Bouddha expose les Quatre Nobles V&#233;rit&#233;s de la Souffrance qui sont le fondement de la pens&#233;e et de la pratique bouddhiste.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le bouddhisme est l'une des grandes traditions spirituelles qui a beaucoup r&#233;fl&#233;chi sur la mort, la derni&#232;re des quatre souffrances de la vie humaine (Naissance, maladie, vieillesse et mort). Le livre des Morts tib&#233;tain constitue &#224; ce propos un texte fondamental puisqu'il est un livre d'instructions pour les gens qui sont au seuil de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Comme pour les autres traditions, la valeur du don de la vie humaine n'a pas de prix. Cette vie ne constitue pourtant pas la fin de tout, &#233;tant une &#233;tape vers une autre vie ; c'est pourquoi &#171; la mort est un processus naturel &#224; respecter, un simple passage d'une incarnation &#224; une autre &#187; jusqu'au &#171; parinirvana &#187;, l'extinction totale ou &#201;veil.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Dans le bouddhisme, le moment de la mort est particuli&#232;rement important et la condition mentale d'une personne mourante est de premi&#232;re importance. Si elle meurt dans un &#233;tat de panique, de peur ou d'anxi&#233;t&#233;, la personne pourrait se retrouver dans une situation pire que celle qu'elle est en train de laisser.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Elle doit donc &#234;tre &#171; enti&#232;rement concentr&#233;e sur ce qui se passe dans son corps et dans son esprit &#187;. Ainsi, elle &#171; acquiert une grande paix int&#233;rieure et ne craint plus ce qui lui arrive &#187;.&#8239;D'o&#249; l'importance, au moment de la mort, d'&#234;tre entour&#233; de sa famille, de ses amis et de moines bouddhiques qui r&#233;p&#233;teront des mantras pour aider la personne &#224; mourir dans un &#233;tat d'esprit pacifi&#233; (Comme les imams r&#233;citent la shah&#226;da&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Credo musulman &#187; r&#233;cit&#233; trois fois aux nouveaux-n&#233;s, aux mourants ou par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les pr&#234;tres l'extr&#234;me onction, etc...).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Pour les bouddhistes, lorsque la souffrance de la personne mourante est tr&#232;s grande, l'euthanasie est-elle alors une voie &#224; envisager ? M&#234;me si le suicide ou l'euthanasie ne sont pas interdits, chaque jour pour un bouddhiste est pr&#233;cieux pour son existence imm&#233;diate et subs&#233;quentes (le Karma de r&#233;incarnation). L'acte de mettre fin &#224; ses jours est un acte d'orgueil qui sera expi&#233; dans la vie prochaine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;text-2xl font-bold text-b-assmat mt-4 mb-2&#034; id='Une-conciliation-difficile'&gt;Une conciliation difficile&lt;/h2&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Les questions que posent aujourd'hui les traditions religieuses &#224; la fin de vie et au droit &#224; mourir dans la dignit&#233;, reposent sur une critique de la mani&#232;re avec laquelle la soci&#233;t&#233; moderne aborde le sens de la mort. Les religions mettent l'accent sur la tension caract&#233;ristique de l'exp&#233;rience humaine : tension entre le corps et l'esprit, l'ici maintenant et l'avenir, l'immanence et la transcendance, la finitude et l'infini.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Mourir, c'est terrible &#224; dire, mais c'est le c&#339;ur de cette exp&#233;rience. C'est pourquoi la fin de vie constitue une &#233;tape centrale dans l'histoire de la personne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;La soci&#233;t&#233; moderne met plut&#244;t l'accent sur le contr&#244;le &#224; exercer au moment de la mort : contr&#244;le de l'individu sur le moment de sa mort et contr&#244;le de la m&#233;decine sur les traitements &#224; offrir ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le poids qu'exercent les traditions religieuses dans le d&#233;bat sur la fin de vie tient &#224; ce qu'elles consid&#232;rent que la mort ne prend un sens que dans la capacit&#233; de l'&#234;tre humain de se dessaisir de lui-m&#234;me pour faire face &#224; une modernit&#233; qui lutte pour contr&#244;ler la mort jusqu'au bout, et pour qui la mort est un non-sens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le sens de la mort dans les traditions religieuses fait &#233;cho &#224; des questions centrales pour la vie en soci&#233;t&#233;. On peut en mentionner trois.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#8226;	La premi&#232;re touche &#224; ce qu'il est convenu maintenant d'appeler l'accompagnement &#224; la mort qui met en &#339;uvre chez elles la pratique des trois vertus th&#233;ologales chr&#233;tiennes : foi, esp&#233;rance et charit&#233;. Et toutes les traditions religieuses donnent &#224; la communaut&#233; un grand r&#244;le aupr&#232;s des personnes qui vont mourir.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#8226;	La seconde concerne la limite des prolongements. Les traditions spirituelles reconnaissent, &#224; la fois, l'importance de la qualit&#233; de vie et le devoir de respecter la vie, en particulier la vie fragile. En g&#233;n&#233;ral, elles ne privil&#233;gient pas les prolongements qui font que la vie est sans qualit&#233; et qui r&#233;duisent l'individu &#224; sa seule dimension biologique et &#224; une extension de moyens hautement sophistiqu&#233;s. Nos progr&#232;s technologiques, en raison m&#234;me de leurs succ&#232;s, entra&#238;nent d&#233;j&#224; des choix difficiles &#224; faire concernant les politiques &#224; mettre en place &#224; l'&#233;gard des populations &#226;g&#233;es tr&#232;s vuln&#233;rables. Ces choix ne sont humains que si nous savons tenir ensemble qualit&#233; de la vie et respect de la vie, en d'autres mots la tension inh&#233;rente &#224; l'&#234;tre humain.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#8226;	La troisi&#232;me a trait aux personnes qui, en raison de leur grand &#226;ge approchent de la mort. Les traditions religieuses reconnaissent que le vieillissement appartient &#224; la vie elle-m&#234;me et qu'il serait inacceptable, pour l'&#233;quilibre de la vie et des g&#233;n&#233;rations, de chercher &#224; le vaincre. Vieillir et mourir appartiennent &#224; la m&#234;me logique. En m&#234;me temps, contrairement &#224; la soci&#233;t&#233; actuelle, les religions voient sans doute plus les personnes &#226;g&#233;es comme des piliers de sagesse. Cette mani&#232;re d'envisager le vieillissement invite la modernit&#233; &#224; questionner ses r&#234;ves concernant le vieillissement et la mortalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Les d&#233;bats houleux qui ont &#233;maill&#233; le long et chaotique parcours l&#233;gislatif de ce texte sur un droit &#224; mourir dans la dignit&#233; sugg&#232;rent que toutes ces questions n'ont pas &#233;t&#233; tranch&#233;es au moment o&#249; le texte revient &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Le seront-elles apr&#232;s son vote ? Peu probable, car il faudrait pour cela que le consensus politique soit aussi religieux ce qui n'est pas possible et acceptable au regard de libert&#233; de conscience, pilier de la la&#239;cit&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les textes du Coran cit&#233;s le sont d'apr&#232;s Le Coran I et II, collection Folio - Gallimard, 1967&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Credo musulman &#187; r&#233;cit&#233; trois fois aux nouveaux-n&#233;s, aux mourants ou par l'imp&#233;trant lors de sa conversion &#224; la religion musulmane.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L&#233;on XIV apelle &#224; &#171; d&#233;sarmer &#187; l'IA pour &#171; l'emp&#234;cher de dominer l'humain &#187;</title>
		<link>https://croyancesetvilles.fr/Leon-XIV-apelle-a-desarmer-l-IA-pour-l-empecher-de-dominer-l-humain.html</link>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Catholicisme </dc:subject>
		<dc:subject>Science</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le pape L&#233;on XIV a appel&#233; &#224; encadrer et r&#233;guler les algorithmes de l'IA et d&#233;nonc&#233; les &#171; nouvelles formes d'esclavage &#187; dans son premier document majeur, publi&#233; lundi par le Vatican.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://croyancesetvilles.fr/-Les-religions-et-la-science-.html" rel="directory"&gt;Science &amp; Religion&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://croyancesetvilles.fr/+-Societe-+.html" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://croyancesetvilles.fr/+-Catholicisme-27-+.html" rel="tag"&gt;Catholicisme &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://croyancesetvilles.fr/+-Science-+.html" rel="tag"&gt;Science&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Christopher Olah, cofondateur de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine d'intelligence artificielle Anthropic, a assist&#233; &#224; la pr&#233;sentation de la premi&#232;re encyclique de L&#233;on XIV, &#171; Magnifica Humanitas &#187;, consacr&#233;e &#224; l'essor de l'intelligence artificielle, le 25 mai 2026 au Vatican. Partageant les inqui&#233;tudes du pape, il est intervenu pour en souligner les risques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#171; D&#233;sarmer &#187; l'intelligence artificielle (IA) pour &#171; l'emp&#234;cher de dominer l'humain &#187; : &#201;cologie, crise du multilat&#233;ralisme, monopoles &#233;conomiques : dans &#171; Magnifica Humanitas &#187; (Humanit&#233; magnifique), un texte de 130 pages &#224; la tonalit&#233; profond&#233;ment sociale, le pape am&#233;ricain r&#233;pond &#224; une multitude de d&#233;fis de notre &#233;poque en se posant en d&#233;fenseur de la dignit&#233; humaine &#224; l'&#232;re de la r&#233;volution num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Dans cette encyclique tr&#232;s attendue - une lettre adress&#233;e &#224; l'ensemble des fid&#232;les, fixant une position de r&#233;f&#233;rence sur des questions sociales, morales ou th&#233;ologiques - L&#233;on XIV appelle &#224; d&#233;passer le concept de &#171; guerre juste &#187; invoqu&#233; notamment par l'administration am&#233;ricaine de Donald Trump et d&#233;nonce la d&#233;l&#233;gation de d&#233;cisions l&#233;tales &#224; la technologie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Signe de l'importance accord&#233;e &#224; ce manifeste, le pape a particip&#233; lui-m&#234;me &#224; sa pr&#233;sentation lundi matin - une premi&#232;re - aux c&#244;t&#233;s de hauts responsables du Saint-Si&#232;ge et d'experts de l'IA, dont le cofondateur de la start-up am&#233;ricaine Anthropic, Christopher Olah.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;L'IA ne pouvant &#171; &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme moralement neutre &#187;, il convient de la &#171; d&#233;sarmer &#187;pour &#171; l'emp&#234;cher de dominer l'humain &#187;, avance le pape augustinien, qui insiste sur la n&#233;cessit&#233; d'un code &#233;thique commun sur l'IA ainsi que sur le r&#244;le crucial de l'&#233;ducation pour apprendre &#224; en ma&#238;triser les risques.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Aujourd'hui, &#171; le contr&#244;le des plateformes, des infrastructures, des donn&#233;es et de la puissance de calcul n'appartient pas aux &#201;tats, mais &#224; de grands acteurs &#233;conomiques et technologiques &#187; qui &#171; fixent les conditions d'acc&#232;s, les r&#232;gles de visibilit&#233; et les possibilit&#233;s de participation &#187;, regrette-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;text-2xl font-bold text-b-assmat mt-4 mb-2&#034; id='Esclavage-et-deshumanisation'&gt;Esclavage et d&#233;shumanisation&lt;/h2&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Selon les Nations unies, l'IA pourrait peser jusqu'&#224; 4.800 milliards de dollars d'ici 2033, soit une multiplication par 25 en une d&#233;cennie, tout en concentrant ses b&#233;n&#233;fices entre les mains d'un nombre limit&#233; d'acteurs. En 2025, l'ONU alertait sur un &#171; vide dangereux &#187; en mati&#232;re de r&#233;gulation.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Citant Platon, JRR Tolkien, Picasso ou encore Beethoven pour leur contribution &#224; lutter contre la d&#233;shumanisation, le pape am&#233;ricain fustige aussi &#171; les nouvelles formes d'esclavage &#187; n&#233;es pour extraire les ressources n&#233;cessaires &#224; l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) et appelle &#224; &#171; des solutions technologiques plus durables afin de r&#233;duire l'impact sur l'environnement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#171; Dans certaines r&#233;gions du monde, des adolescents et des enfants travaillent dans des conditions dangereuses au broyage des mat&#233;riaux dont on tire les terres rares. Des corps marqu&#233;s, mutil&#233;s, us&#233;s pour que le flux de calcul ne s'interrompe pas &#187;, d&#233;nonce-t-il.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;v&#234;que de Rome en profite pour demander &#171; sinc&#232;rement pardon &#187; pour le retard avec lequel l'&#201;glise a condamn&#233; &#171; le fl&#233;au de l'esclavage &#187; au cours de l'Histoire, reconnaissant pour la premi&#232;re fois le r&#244;le direct du Saint-Si&#232;ge dans sa l&#233;gitimation.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Au-del&#224; des enjeux technologiques, le pape s'inqui&#232;te d'un risque de &#171; d&#233;shumanisation &#187;, mettant en garde contre une vision de l'humain r&#233;duit &#224; ses performances ou &#224; des donn&#233;es exploit&#233;es par les machines.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Depuis son &#233;lection il y a un an, le premier pape nord-am&#233;ricain de l'Histoire a multipli&#233; les avertissements face aux dangers de l'IA, en soulignant la n&#233;cessit&#233; d'une &#171; alphab&#233;tisation num&#233;rique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;L'impact de &#171; Magnifica Humanitas &#187; pourrait &#234;tre comparable &#224; celui de l'encyclique &#171; Laudato Si &#187;, manifeste du pape Fran&#231;ois sur l'&#233;cologie int&#233;grale qui, d&#232;s sa publication en 2015, avait entra&#238;n&#233; une vague de r&#233;actions dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;text-2xl font-bold text-b-assmat mt-4 mb-2&#034; id='Multilateralisme-et-emploi-militaire'&gt;Multilat&#233;ralisme et emploi militaire &lt;/h2&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Abordant la crise du multilat&#233;ralisme, le chef de l'&#201;glise catholique renouvelle sa condamnation de l'utilisation de l'IA dans le domaine militaire. &#171; Aucun algorithme ne peut rendre la guerre moralement acceptable &#187;, &#233;crit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Sans citer de nom, il r&#233;affirme &#171; Le d&#233;passement de la th&#233;orie de la guerre juste trop souvent invoqu&#233;e pour justifier n'importe quelle guerre &#187;, un concept d&#233;fendu notamment par l'administration am&#233;ricaine de Donald Trump, regrettant que &#171; l'humanit&#233; (soit) en train de glisser vers une culture violente de la puissance &#187; qui normalise la guerre comme un &#171; instrument de politique internationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;En avril, le pape s'&#233;tait attir&#233; les critiques de la Maison Blanche apr&#232;s avoir affirm&#233; que &#171; Dieu n'entend pas les pri&#232;res de ceux qui font la guerre &#187;, dans le contexte des tensions li&#233;es au conflit avec l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Ce manifeste s'inscrit dans la continuit&#233; de l'enseignement social de l'&#201;glise : il a &#233;t&#233; sign&#233; le 15 mai, date du 135e anniversaire de &lt;i&gt;Rerum Novarum&lt;/i&gt; (1891), encyclique de L&#233;on XIII qui a pos&#233; les fondements de la doctrine sociale de l'&#201;glise face &#224; la r&#233;volution industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Lors d'une conf&#233;rence de presse lundi, le pape a expliqu&#233; avoir tir&#233; ce texte de &#171; l'&#233;coute &#187;, apr&#232;s avoir &#233;chang&#233; avec des scientifiques, des ing&#233;nieurs, des responsables politiques, des parents et des enseignants &#171; pr&#233;occup&#233;s &#187; pour les jeunes g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;text-2xl font-bold text-b-assmat mt-4 mb-2&#034; id='Inquietude-partagee-par-le-patron-d-Anthropic'&gt;Inqui&#233;tude partag&#233;e par le patron d'Anthropic&lt;/h2&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#171; Nous avons besoin que davantage d'acteurs dans le monde &#8212; communaut&#233;s religieuses, soci&#233;t&#233; civile, chercheurs, gouvernements &#8212; fassent ce que Sa Saintet&#233; a fait ici : prendre cela au s&#233;rieux, regarder attentivement et orienter les &#233;v&#233;nements dans une meilleure direction &#187;, a pour sa part d&#233;clar&#233; Chris Olah , le cofondateur d'Anthropic, apr&#232;s avoir indiqu&#233; : &#171; Tous les laboratoires de pointe sp&#233;cialis&#233;s dans l'IA (&#8230;) fonctionnent selon un ensemble de motivations et de contraintes qui peuvent parfois aller &#224; l'encontre de ce qu'il serait juste de faire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;L'entreprise s'&#233;tait d&#233;j&#224; prononc&#233;e en faveur de r&#232;gles juridiques pour limiter ce que l'on peut faire des outils d'intelligence artificielle. Anthropic veut par exemple emp&#234;cher que sa technologie ne serve &#224; cr&#233;er des armes autonomes ou surveiller la population. Chris Olah a aussi d&#233;clar&#233;, ce 25 mai, qu'il existe &#171; un risque r&#233;el que l'IA remplace la main-d'&#339;uvre humaine &#224; tr&#232;s grande &#233;chelle &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le pape L&#233;on XIV pr&#233;sente &#171; Magnifica Humanitas &#187; une encyclique sur la dignit&#233; humaine &#224; l'&#232;re de l'IA</title>
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		<dc:subject>Droits humains</dc:subject>
		<dc:subject>Catholicisme </dc:subject>

		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le Vatican publiera ce lundi la premi&#232;re encyclique du pape L&#233;on XIV, un texte consacr&#233; &#224; la protection de la dignit&#233; humaine face au d&#233;veloppement mondial de l'intelligence artificielle.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Signe de l'importance accord&#233;e au texte, intitul&#233; &#171; Magnifica Humanitas &#187; (Humanit&#233; magnifique en fran&#231;ais, le pape participera lui-m&#234;me &#224; sa pr&#233;sentation &#224; 11H30 (09H30 GMT) - une premi&#232;re - aux c&#244;t&#233;s de hauts responsables du Saint-Si&#232;ge et d'experts de l'IA, dont le co-fondateur de la start-up am&#233;ricaine Anthropic.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Depuis son &#233;lection il y a un an, le premier pape nord-am&#233;ricain de l'Histoire a multipli&#233; les avertissements face aux dangers de l'IA, notamment son usage dans la sph&#232;re militaire, d&#233;non&#231;ant au passage les ravages environnementaux de la course effr&#233;n&#233;e aux terres rares, essentielles &#224; l'&#233;lectronique moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Selon les Nations unies, l'IA pourrait peser jusqu'&#224; 4.800 milliards de dollars d'ici 2033, soit une multiplication par 25 en une d&#233;cennie, tout en concentrant ses b&#233;n&#233;fices entre les mains d'un nombre limit&#233; d'acteurs. En 2025, l'ONU alertait sur un &#034;vide dangereux&#034; en mati&#232;re de r&#233;gulation.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;En y consacrant une encyclique, le pape envoie un message fort : adress&#233;e &#224; l'ensemble des fid&#232;les, elle fixe une position de r&#233;f&#233;rence sur des questions sociales, morales, politiques ou th&#233;ologiques et sert g&#233;n&#233;ralement de base &#224; l'enseignement et aux d&#233;bats &#224; plus long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Les experts estiment que l'impact de &#171; Magnifica Humanitas &#187; pourrait &#234;tre comparable &#224; celui de l'encyclique &#171; Laudato Si &#187;, manifeste du pape Fran&#231;ois sur l'&#233;cologie int&#233;grale qui avait, d&#232;s sa publication en 2015, entra&#238;n&#233; une vague de r&#233;actions politiques et associatives dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;text-2xl font-bold text-b-assmat mt-4 mb-2&#034; id='Signal-d-alarme-chretien'&gt;Signal d'alarme chr&#233;tien&lt;/h2&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le Vatican a tenu secret ce nouveau texte - dont m&#234;me la longueur reste inconnue - consacr&#233; &#224; la &#171; protection de la personne humaine &#224; l'&#232;re de l'IA &#187;. Mais il l'inscrit dans la continuit&#233; de son enseignement social : il a &#233;t&#233; sign&#233; le 15 mai, date du 135e anniversaire de &#171; Rerum Novarum &#187; (1891), encyclique de L&#233;on XIII qui a pos&#233; les fondements de la doctrine sociale de l'&#201;glise face &#224; la r&#233;volution industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#171; La r&#233;volution industrielle a boulevers&#233; le march&#233; du travail, la vie des gens, l'h&#233;g&#233;monie et les rapports de force. &#192; l'&#233;poque, il fallait former les individus &#224; l'utilisation des outils. Il en va de m&#234;me aujourd'hui : il faut former et &#233;duquer &#187;, a confi&#233; &#224; l'AFP Marijana Grbesa, professeure &#224; l'universit&#233; de Zagreb et intervenante &#224; une conf&#233;rence sur l'IA au Vatican.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Or &#171; aujourd'hui, l'&#233;ducation n'est pas suffisante. C'est aussi quelque chose que le pape souligne dans son message &#187;, ajoute-t-elle. &#171; C'est un signal d'alarme pour l'ensemble de la civilisation&#034; afin de &#034;faire preuve de rationalit&#233; lorsque nous utilisons ces outils. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le chef de l'Eglise catholique a notamment soulign&#233; la n&#233;cessit&#233; d'une &#171; alphab&#233;tisation num&#233;rique (...) pour comprendre comment les algorithmes mod&#232;lent notre perception de la r&#233;alit&#233; &#187; et appel&#233; &#224; davantage de transparence dans ces syst&#232;mes qui r&#233;gissent le fonctionnement des diff&#233;rents chatbot.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;En d&#233;cembre, L&#233;on XIV avait d&#233;nonc&#233; la course &#224; l'IA dans le domaine militaire, voyant dans &#171; a d&#233;l&#233;gation aux machines des d&#233;cisions concernant la vie et la mort des personnes humaines &#187; une &#171; spirale destructrice &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;text-2xl font-bold text-b-assmat mt-4 mb-2&#034; id='Plusieurs-annees-de-reflexion'&gt;Plusieurs ann&#233;es de r&#233;flexion&lt;/h2&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Pour certains experts, une autre question controvers&#233;e est de savoir si les robots peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des &#171; &#234;tres num&#233;riques &#187; dot&#233;s de droits.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#171; Je constate que de plus en plus de penseurs chr&#233;tiens, et d'autres confessions, expriment leur inqui&#233;tude &#224; ce sujet &#187;, a d&#233;clar&#233; Will Jones, expert du Future of Life Institute, un groupe de recherche sur les technologies transformatrices, en pr&#233;cisant, &#171; Car les entreprises sp&#233;cialis&#233;es en IA rendent de plus en plus difficile la distinction entre l'artificiel et l'humain &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;La pr&#233;sence du co-fondateur d'Anthropic est &#233;galement significative et symbolique. La multinationale est engag&#233;e dans un bras de fer avec l'administration Trump qui lui a impos&#233; des sanctions apr&#232;s que l'entreprise eut refus&#233; un acc&#232;s militaire sans restriction, ce qui a conduit cette derni&#232;re &#224; engager une action en justice.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#171; Humanit&#233; magnifique &#187; parach&#232;ve plusieurs ann&#233;es de r&#233;flexion par l'&#201;glise sur les technologies li&#233;es &#224; l'IA : d&#232;s 2020, le Saint-Si&#232;ge avait lanc&#233;, avec des entreprises du num&#233;rique et des institutions acad&#233;miques, l' &#171; Appel de Rome pour une &#233;thique de l'IA &#187;, plaidant pour un d&#233;veloppement des technologies respectueux de la dignit&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le pape Fran&#231;ois lui-m&#234;me avait multipli&#233; les prises de parole sur le sujet, appelant &#224; encadrer ces technologies et &#224; &#233;viter qu'elles n'accentuent les in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Belgique : un centre de recherche ouvre la voie &#224; la fabrication &#224; grande &#233;chelle d'ordinateurs quantiques</title>
		<link>https://croyancesetvilles.fr/Belgique-un-centre-de-recherche-ouvre-la-voie-a-la-fabrication-a-grande-echelle-d-ordinateurs-quantiques.html</link>
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		<dc:date>2026-05-19T14:25:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>REDACTION</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Science</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le centre de recherche belge Imec a annonc&#233; une premi&#232;re mondiale dans la production de puces quantiques.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le centre de recherche Imec, bas&#233; &#224; Louvain, est le premier au monde &#224; avoir fabriqu&#233; un bit quantique (qubit) &#224; l'aide d'un scanner lithographique High-NA EUV, la technique la plus pouss&#233;e en mati&#232;re de fabrication de puces. Cette avanc&#233;e devrait ouvrir la voie &#224; la production industrielle &#224; grande &#233;chelle d'ordinateurs quantiques, a annonc&#233; mardi l'entreprise belge dans un communiqu&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Les qubits sont les unit&#233;s d'information de base utilis&#233;es pour encoder les donn&#233;es en informatique quantique. Les ordinateurs qui les utiliseraient pour des applications telles que le d&#233;veloppement de m&#233;dicaments ou la simulation de processus physiques complexes, peuvent, en th&#233;orie, &#234;tre bien plus puissants que des ordinateurs classiques. Cependant, pour rendre ces syst&#232;mes utilisables, il faut des qubits stables et pouvant &#234;tre contr&#244;l&#233;s avec pr&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Pour ce faire, Imec mise sur les qubits de spin &#224; points quantiques en silicium, une technologie compatible avec les modes de fabrication de puces existants. Ce proc&#233;d&#233; permet au centre de recherche en nano&#233;lectronique de s'appuyer sur des d&#233;cennies de savoir-faire dans l'industrie des semi-conducteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Gr&#226;ce &#224; la technologie EUV &#224; haute ouverture num&#233;rique (High NA), l'entreprise louvaniste a r&#233;ussi &#224; fabriquer un r&#233;seau fiable de qubits avec des ouvertures de seulement six nanom&#232;tres. Selon Sofie Beyne, cheffe de projet et ing&#233;nieure en int&#233;gration quantique, cette technique permet d'obtenir des motifs d'une pr&#233;cision et d'une uniformit&#233; exceptionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Ce projet de recherche a &#233;t&#233; men&#233;e dans le laboratoire commun High NA d'Imec et d'ASML, situ&#233; &#224; Veldhoven, aux Pays-Bas. Mais le centre de recherche belge dispose d&#233;sormais &#233;galement d'un appareil dot&#233; d'une technologie de pointe, ce qui augure une prochaine mise &#224; l'&#233;chelle industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Cette technique lithographique dernier cri rev&#234;t &#233;galement une importance capitale pour les futures g&#233;n&#233;rations de puces de m&#233;moire et de calcul &#224; l'&#232;re de l'IA, souligne-t-on.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le temps : une illusion pour certains physiciens </title>
		<link>https://croyancesetvilles.fr/Le-temps-une-illusion-pour-certains-physiciens.html</link>
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		<dc:date>2026-04-26T13:11:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>REDACTION</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Science</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le temps n'existe pas. Des physiciens pensent que le temps est une illusion et que le pass&#233;, le pr&#233;sent et le futur coexistent.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://croyancesetvilles.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/et-si-le-temps-n_existait-pas-e2e07.jpg?1777209089' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Selon certains mod&#232;les &#233;labor&#233;s par des physiciens, l'univers dans son ensemble serait immobile. Ce que nous appelons &#233;volution ne serait qu'un effet d'intrication entre syst&#232;mes, donnant naissance &#224; une impression de mouvement et &#224; l'illusion du temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Et si le temps n'existait pas ? Dans notre quotidien, tout semble r&#233;gi par une m&#233;canique implacable : une journ&#233;e dure vingt-quatre heures, les secondes s'&#233;gr&#232;nent sans que rien ne puisse les retenir, conf&#233;rant &#224; notre vie une sensation de mouvement inexorable vers l'avant. Pourtant, certaines th&#233;ories en physique quantique bouleversent cette intuition fondamentale. Elles sugg&#232;rent que le temps pourrait &#234;tre une illusion, un concept utile, certes, mais sans r&#233;alit&#233; propre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Pour comprendre cette id&#233;e vertigineuse, il faut d'abord reconna&#238;tre que nous ne mesurons jamais le temps directement. Nous observons simplement des changements dans diff&#233;rents syst&#232;mes. Autrefois, la course du Soleil et de la Lune servait de r&#233;f&#233;rence : leur position dictait les heures du jour et de la nuit. Aujourd'hui, les scientifiques utilisent des instruments ultra pr&#233;cis, comme les horloges atomiques, qui comptent les oscillations d'un &#233;lectron autour d'un atome. Autrement dit, ce que nous appelons &#171; le temps &#187; n'est que l'&#233;volution d'une autre r&#233;alit&#233; physique, celle de notre propre savoir et de nos outils.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Un article de Popular Mechanics prend l'exemple d'un circuit automobile. Une voiture tourne sur le circuit, tandis qu'une main tenant un chronom&#232;tre marque chaque tour. En pratique, on pourrait d&#233;crire toute la course par une simple table de correspondance entre les positions de la voiture et celles du chiffre indiqu&#233; sur le chronom&#232;tre, sans jamais avoir besoin de faire intervenir la variable &#171; t &#187;, symbolisant le temps. Le chronom&#232;tre indique 36, la voiture a donc effectu&#233; 36 tours.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Cette id&#233;e prend une dimension encore plus int&#233;ressante en physique quantique. Dans ce domaine, les physiciens &#233;tudient les changements d'&#233;tat des particules &#224; une &#233;chelle infinit&#233;simale. En 1983, les chercheurs Don Page et William Wootters ont propos&#233; un concept audacieux : le temps pourrait &#233;merger &#224; partir d'un ph&#233;nom&#232;ne appel&#233; &#171; intrication quantique &#187;, une corr&#233;lation profonde entre le syst&#232;me &#233;tudi&#233; et l'horloge qui le mesure. Selon leur approche, la dynamique d'un syst&#232;me r&#233;sulterait de cet enchev&#234;trement, m&#234;me si l'&#233;tat global de l'univers reste, lui, parfaitement immobile.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;text-2xl font-bold text-b-assmat mt-4 mb-2&#034; id='Une-simple-impression-de-continuite'&gt;Une simple impression de continuit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Cette hypoth&#232;se est vertigineuse : chaque instant de temps correspondrait &#224; un univers distinct. Passer du pr&#233;sent au futur reviendrait simplement &#224; se d&#233;placer d'un univers &#224; l'autre dans cet ensemble infini. Ce glissement ram&#232;ne &#224; l'exp&#233;rience du fameux chat de Schr&#246;dinger, simultan&#233;ment vivant et mort par effet d'intrication. &#202;tre dans un univers o&#249; le chat est vivant ou dans celui o&#249; il est mort serait &#233;quivalent &#224; exister dans deux instants diff&#233;rents du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Si le temps est une illusion, le pass&#233; et le futur coexisteraient donc avec le pr&#233;sent. Aucun instant ne serait sp&#233;cial ou &#224; privil&#233;gier par rapport &#224; l'autre. Le fleuve du temps ne nous emporterait pas vers l'avant comme nous l'&#233;voquions en d&#233;but d'article ; notre conscience se contenterait de se corr&#233;ler successivement aux diff&#233;rents &#233;tats de l'univers. L'impression de continuit&#233; que nous ressentons au quotidien ne serait qu'un effet de perception au sein d'un immense ensemble d'&#233;tats intriqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Albert Einstein partageait cette vision apais&#233;e du temps. Dans une lettre adress&#233;e &#224; la femme de son ami Michele Besso, apr&#232;s la mort de ce dernier, il &#233;crivait : &#171; Pour ceux qui croient en la physique, la distinction entre pass&#233;, pr&#233;sent et futur n'est qu'une illusion, aussi tenace soit-elle. &#187; Le g&#233;nie y voyait une consolation : dans cet univers intemporel, rien ne dispara&#238;t vraiment, tout coexiste dans un vaste ensemble de possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Mais si l'univers est r&#233;ellement intemporel, quelles nouvelles explorations s'ouvrent &#224; la physique ? Certains chercheurs imaginent qu'en manipulant de fa&#231;on subtile l'horloge quantique de l'univers, nous pourrions influencer sa dynamique elle-m&#234;me. Cette id&#233;e, encore hautement sp&#233;culative, sugg&#232;re que les lois fondamentales ne seraient pas fig&#233;es. Elles pourraient &#234;tre reprogramm&#233;es selon la mani&#232;re dont nous interagissons avec la structure intemporelle du cosmos. Comprendre la nature pourrait, enfin, signifier en prendre v&#233;ritablement la mesure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Exposition : CROIRE ET GU&#201;RIR - Et d&#233;livrez-nous du mal</title>
		<link>https://croyancesetvilles.fr/Exposition-CROIRE-ET-GUERIR-Et-delivrez-nous-du-mal.html</link>
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		<dc:date>2026-04-22T10:25:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>REDACTION</dc:creator>


		<dc:subject>Libre acc&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>Religion </dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Science, gr&#226;ce divine, pratiques alternatives contemporaines, une exposition explore l'histoire des pratiques de gu&#233;rison et des savoirs qui les ont fa&#231;onn&#233;es.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://croyancesetvilles.fr/local/cache-vignettes/L107xH150/affiche_croire-et-guerir-babd0.jpg?1776853542' class='spip_logo spip_logo_right' width='107' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Science, gr&#226;ce divine, pratiques alternatives contemporaines, cette exposition explore l'histoire des pratiques de gu&#233;rison et des savoirs qui les ont fa&#231;onn&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;L'exposition &#171; CROIRE ET GU&#201;RIR. Et d&#233;livrez-nous du mal &#187; pr&#233;sente la mani&#232;re dont les soci&#233;t&#233;s, depuis le Moyen &#194;ge, ont tent&#233; de comprendre, conjurer ou ma&#238;triser le mal.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;S'appuyant sur un ensemble exceptionnel de 285 pi&#232;ces provenant de l'ancien h&#244;tel-Dieu, le mus&#233;e d'art et d'histoire de Saint-Denis propose une plong&#233;e dans l'histoire des pratiques de gu&#233;rison et des savoirs qui les ont fa&#231;onn&#233;es, du Moyen &#194;ge jusqu'&#224; aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Valorisant la singularit&#233; architecturale et spirituelle du lieu, l'ancien couvent du carmel de Saint-Denis fond&#233; en 1625, l'exposition fait na&#238;tre un dialogue pluridisciplinaire autour du soin dans diff&#233;rentes cultures, interrogeant les porosit&#233;s et circulations entre le registre de la science et celui de la croyance. Elle se d&#233;ploie en trois chapitres&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;text-2xl font-bold text-b-assmat mt-4 mb-2&#034; id='Le-theatre-de-la-science'&gt;Le th&#233;&#226;tre de la science&lt;/h2&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Au c&#339;ur de l'apothicairerie de l'h&#244;tel-Dieu, le visiteur d&#233;couvre l'un des plus remarquables ensembles de c&#233;ramiques pharmaceutiques fran&#231;ais. De la th&#233;orie m&#233;di&#233;vale des humeurs&lt;br class='autobr' /&gt;
aux d&#233;couvertes de Louis Pasteur, en passant par les th&#233;&#226;tres d'anatomie de la Renaissance, la premi&#232;re partie de l'exposition met en valeur la diversit&#233; et l'&#233;volution des repr&#233;sentations&lt;br class='autobr' /&gt;
du corps et de la maladie. Elle met en lien les diff&#233;rentes philosophies m&#233;dicales et les progr&#232;s de la science. Une place particuli&#232;re est accord&#233;e aux plantes m&#233;dicinales, dont la tradition au sein du carmel est restitu&#233;e par la reconstitution d'un jardin de simples.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;text-2xl font-bold text-b-assmat mt-4 mb-2&#034; id='Guerir-par-la-grace-divine'&gt;Gu&#233;rir par la gr&#226;ce divine&lt;/h2&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Les causes du mal sont souvent &#224; chercher au c&#339;ur d'une compr&#233;hension religieuse du monde et de ses lois. Des forces invisibles donnent ou reprennent bienfaits et mal&#233;dictions selon des voies imp&#233;n&#233;trables, et pr&#234;tent parfois une oreille attentive &#224; des intercesseurs plus familiers de leur langage. Ex-voto, reliquaires, objets magiques et amulettes incarnent et&lt;br class='autobr' /&gt;
mat&#233;rialisent ces liens.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pr&#233;sence divine peut &#233;galement se manifester directement dans la nature, certaines substances v&#233;g&#233;tales, animales ou min&#233;rales portant une marque plus ou moins &#233;vidente,&lt;br class='autobr' /&gt;
indiquant leur propri&#233;t&#233; th&#233;rapeutique. &lt;br class='manualbr' /&gt;Cette posologie de la transcendance, souvent pr&#233;cis&#233;e &#224; l'issue de s&#233;ances divinatoires, associe g&#233;n&#233;ralement l'administration de rem&#232;des naturels &#224; des rituels et pri&#232;res destin&#233;s &#224; renforcer l'efficacit&#233;. Ils sont connus des initi&#233;s, pr&#234;tres, devins, et gu&#233;risseurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;text-2xl font-bold text-b-assmat mt-4 mb-2&#034; id='Mettre-toutes-les-chances-de-son-cote'&gt;Mettre toutes les chances de son c&#244;t&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Ce dernier chapitre explore la mani&#232;re dont les patients cherchent aujourd'hui &#224; compl&#233;ter la m&#233;decine classique par des approches plus holistiques. Depuis une vingtaine d'ann&#233;es,&lt;br class='autobr' /&gt;
le recours &#224; des pratiques th&#233;rapeutiques alternatives tend &#224; combler l'&#233;cart qui existe entre soin du corps et qu&#234;te spirituelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certaines trouvent m&#234;me leur place &#224; l'h&#244;pital, port&#233;es par la volont&#233; des patients d'exp&#233;rimenter plusieurs formes de traitements et par celle des soignants de mieux prendre en&lt;br class='autobr' /&gt;
compte les dimensions multiples de la maladie. Apr&#232;s un rappel historique sur l'apparition, d&#232;s la fin du 19&#232;me si&#232;cle de nouvelles th&#233;rapies comme l'hypnose, l'hom&#233;opathie ou le thermalisme,&lt;br class='autobr' /&gt;
la section s'appuie sur des enqu&#234;tes ethnologiques men&#233;es en &#206;le-de-France par l'association &#206;le du Monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces recherches montrent la diversit&#233; des pratiques de soin, allant de la m&#233;decine conventionnelle aux traditions th&#233;rapeutiques issues de diff&#233;rentes cultures en passant par des m&#233;thodes hybrides. L'int&#233;r&#234;t croissant pour l'ethnopsychiatrie et la m&#233;decine transculturelle illustre cette ouverture&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;text-2xl font-bold text-b-assmat mt-4 mb-2&#034; id='Projet-pluridisciplinaire-melant-histoire-ethnologie-et-creation-artistique'&gt;Projet pluridisciplinaire m&#234;lant histoire, ethnologie et cr&#233;ation artistique&lt;/h2&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;L'exposition b&#233;n&#233;ficie de nombreux pr&#234;ts, interventions d'artistes et t&#233;moignages de praticiens. Elle s'appuie sur un ensemble exceptionnel de 285 pi&#232;ces provenant de l'ancien h&#244;tel-Dieu et de l'apothicairerie de Saint-Denis. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des pr&#234;ts accord&#233;s par une vingtaine de mus&#233;es permettent d'&#233;largir le propos &#224; une diversit&#233; de perspectives religieuses, culturelles et scientifiques (instruments scientifiques, objets ethnographiques, arts graphiques, sp&#233;cimens d'histoire naturelle, etc.).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parcours de l'exposition est ponctu&#233; par les &#339;uvres d'une dizaine d'artistes contemporains : Hoda Afshar, Jean-Christophe B&#233;chet, Christian Fogarolli, Goulven Le Bahers, Btihal Remli, le&lt;br class='autobr' /&gt;
collectif Ritual Inhabitual, Daniel Spoerri, Jeanne Susplugas, Cristiano Volk, Dana Wyse et Sophie Z&#233;non&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;L'exposition est &#224; d&#233;couvrir &#224; partir du 27 mai prochain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le probl&#232;me du mal : Comprendre le mal comme mal absolu</title>
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		<dc:date>2026-03-06T07:55:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Agn&#232;s Pigler</dc:creator>


		<dc:subject>Expertises</dc:subject>
		<dc:subject>Religion </dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le Probl&#232;me du mal (3/3) - Dans son introduction Agn&#232;s Pigler, nous a parl&#233; de cette fiction, La grande menace (The M&#233;dusa touch), dans laquelle le protagoniste vainc par deux fois la mort, habit&#233; qu'il est par le mal radical, avec pour seul but la destruction de l'humanit&#233; enti&#232;re. Dans cette derni&#232;re partie de sa r&#233;flexion sur le probl&#232;me du mal, elle nous invite &#224; nous demander &#171; s'il n'y a pas un mal absolu sup&#233;rieur encore dans sa noirceur au mal radical &#187; en r&#233;pondant aux questions : &#171; Un tel mal absolu est-il pensable ? Est-il explicable ou bien surpasse-t-il &#224; la fois notre raison et notre imagination ? &#187;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://croyancesetvilles.fr/local/cache-vignettes/L150xH94/image-article-le-mal-3-e67f4.jpg?1775209693' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Dans mon introduction sur l'origine du mal, nous avons parl&#233; de cette fiction, La grande menace (The M&#233;dusa touch), dans laquelle le protagoniste vainc par deux fois la mort, habit&#233; qu'il est par le mal radical, avec pour seul but la destruction de l'humanit&#233; enti&#232;re. Dans cette derni&#232;re partie de ma r&#233;flexion sur le probl&#232;me du mal, nous nous demanderons &#171; s'il n'y a pas un mal absolu sup&#233;rieur encore dans sa noirceur au mal radical &#187; en r&#233;pondant aux questions : &#171; Un tel mal absolu est-il pensable ? Est-il explicable ou bien surpasse-t-il &#224; la fois notre raison et notre imagination ? &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Nous l'avons vu, le mal est une &#233;nigme et un scandale. C'est en tant qu'&#233;nigme qu'il nous a fallu rechercher ce qui l'explique. Mais nous nous sommes rendu compte que cela ne suffisait pas. Car le scandale reste entier malgr&#233; les explications : comment pourrait-on &#171; expliquer &#187; le scandale absolu des camps de la mort ? S'agissant d'Auschwitz toute tentative d'explication philosophique se trouve terriblement &#233;branl&#233;e et ne r&#233;siste gu&#232;re &#224; cette mise a&#768; l'&#233;preuve. Parmi les intellectuels, Hannah Arendt est, comme nous l'avons dit, une des rares &#224; avoir regard&#233; le probl&#232;me en face. Hans Jonas a n&#233;anmoins propos&#233; une autre analyse du mal absolu. Dans son ouvrage &lt;i&gt;Le concept de Dieu apr&#232;s Auschwitz&lt;/i&gt;, il analyse ce que signifie le silence de Dieu pendant le massacre de son peuple au cours de la Seconde Guerre mondiale. Selon lui, le fait que Dieu ait &#171; laisse&#769; faire &#187; le mal, est le signe de son impuissance. D'o&#249; cette conclusion : il ne faut pas expliquer le mal a&#768; partir de Dieu, mais comprendre Dieu a&#768; partir du mal. C'est pourquoi, devant le mal absolu que repr&#233;sente les camps de la mort, Jonas pose une question qui lui para&#238;t &lt;i&gt;in&#233;vitable&lt;/i&gt; : o&#249; &#233;tait Dieu quand on exterminait des innocents ? Le Dieu dont il est ici question n'est pas celui des philosophes, mais bien celui de la Thora, et devant le scandale absolu du mal nazi il faut reconnaitre que ce Dieu a &#233;t&#233; impuissant &#224; prot&#233;ger sa cr&#233;ation. L'exp&#233;rience historique du mal absolu, le nazisme et avec lui Auschwitz et l'extermination des Juifs, doit d&#232;s lors soulever la question de la validit&#233; de l'id&#233;e m&#234;me de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;De fait, pour Jonas, le mal absolu implique de renoncer &#224; l'id&#233;e de Dieu comme transcendant au mal absolu qui ronge sa Cr&#233;ation, nature et humanit&#233; ensemble, et son silence prouve son impuissance, et peut-&#234;tre son indiff&#233;rence, voire son inexistence. Auschwitz est donc le nom de l'&#233;v&#233;nement qui a r&#233;v&#233;l&#233; l'impuissance de Dieu. D&#232;s lors, l'humanit&#233; endosse une nouvelle responsabilit&#233;. Celle du mal commis, bien s&#251;r, du mal qui existe sans raison, sans motif, sans int&#233;r&#234;t &#8211; bref d'un Mal au-del&#224; de la compr&#233;hension et de l'explication (c'est le mal absolu), et au-del&#224; aussi de tout ce qui est fait pour le combattre ou, &#224; tout le moins, pour t&#233;moigner au nom d'une autre puissance que celle du Mal. D'une certaine mani&#232;re, quand Dieu n'est plus en mesure d'aider les hommes, c'est &#224; eux qu'il revient d'aider Dieu. Telle est la conclusion de Jonas dans ce terrible ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;C'est aussi le point de vue de Marcel Conche qui, dans son &lt;i&gt;Journal &#233;trange, &lt;/i&gt;&#233;crit que la souffrance des enfants constitue le mal absolu : &#171; La souffrance des enfants devrait suffire a&#768; confondre les avocats de Dieu &#187;. Et il ajoute cette pr&#233;cision : &#171; l'exp&#233;rience initiale a&#768; partir de laquelle s'est form&#233;e ma philosophie fut li&#233;e a&#768; la prise de conscience de la souffrance de l'enfant a&#768; Auschwitz ou a&#768; Hiroshima comme mal absolu, c'est-a&#768;-dire comme ne pouvant &#234;tre justifie&#769; en aucun point de vue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;On le voit, pour des philosophes comme Arendt, Jonas ou Conche, le mal absolu a pour caract&#233;ristique d'&#234;tre historique, d'une part, et d'&#234;tre impensable, d'autre part. Tous se r&#233;f&#232;rent &#224; la Shoah comme &#224; &lt;i&gt;l'&#233;v&#232;nement historique total&lt;/i&gt; qui a fait surgir le mal absolu devant nos consciences sans qu'elles puissent pour autant le comprendre et l'expliquer. Devant le scandale du mal absolu la raison ne peut que renoncer &#224; comprendre car le mal absolu produit un sentiment de d&#233;vastation intellectuelle et conceptuelle. Ainsi, le probl&#232;me du mal absolu s'identifie a&#768; celui de la capacit&#233; de destruction humaine, qui rel&#232;ve de notre seule responsabilit&#233;. La question qui se pose alors est la suivante : si Dieu a pu laisser faire advenir le mal absolu, par impuissance ou par indiff&#233;rence, pourquoi nous autres, hommes, avons-nous pu tol&#233;rer ce mal absolu, voire en &#234;tre complices par l&#226;chet&#233; ? L'homme doit se sentir pleinement responsable face au mal et plus encore face au mal absolu. La d&#233;couverte des camps de la mort, et tout ce que le mot d'Auschwitz en est venu a&#768; signifier en tant que manifestation d'une malveillance absolue sans explication ni absolution possible &#8211; tout cela n'implique-t-il pas notre &lt;i&gt;responsabilit&#233; enti&#232;re &lt;/i&gt;d'hommes conscients de notre humanit&#233; ? Si Auschwitz a an&#233;anti la port&#233;e de nos cat&#233;gories morales, Auschwitz a aussi soulev&#233; des doutes radicaux sur nos capacit&#233;s &#224; mettre en pratique ces cat&#233;gories morales en assumant la responsabilit&#233; de ce mal absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le concept de banalit&#233; du mal arendtien prend alors un nouveau sens. En effet, si, dans son ouvrage sur Eichmann, Hannah Arendt a tellement insiste&#769; sur l'apparente absence d'intentions mal&#233;fiques chez ce criminel, c'est aussi, peut-&#234;tre, pour mettre en &#233;vidence la lourde t&#226;che et le spectaculaire d&#233;fi laiss&#233;s en partage a&#768; la philosophie ult&#233;rieure &#224; Auschwitz : la t&#226;che et le d&#233;fi de penser une responsabilit&#233; morale &lt;i&gt;hors intentionnalit&#233;&lt;/i&gt;. Dans le mal absolu tel qu'Arendt l'a analys&#233;, c'est bien en effet la notion d'intention qui vient en question &#8211; m&#234;me si elle n'emploie pas ce vocabulaire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&lt;i&gt;Du mal radical au mal absolu, en passant par la banalit&#233; du mal, une compr&#233;hension politique est &#224; l'&#339;uvre&lt;/i&gt;. Pour expliquer ce point d&#233;cisif je dirai que le mal est dit &#171; radical &#187; eu &#233;gard au &#171; monde commun &#187;, c'est-&#224;-dire vis-&#224;-vis du monde-du-sens-partag&#233; en tant que monde &#171; politique &#187; ; et qu'il l'est parce qu'il vise sa destruction totale. Mais sa radicalit&#233; va de pair avec le fait troublant que ce mal est accompli individuellement de mani&#232;re tout &#224; fait &#171; banale &#187;, sans qu'il acqui&#232;re la profondeur d'un acte intentionnel. C'est ce dernier trait qui d&#233;finit paradoxalement, chez Arendt, le mal &#171; absolu &#187;. Ce paradoxe conduit directement au ph&#233;nom&#232;ne du mal politique, a&#768; savoir l'existence d'un mal qui ne s'accompagne pas d'un caract&#232;re satanique ni de sa tentation, et qui a cependant des cons&#233;quences sur la &lt;i&gt;totalit&#233;&lt;/i&gt; de la vie humaine. Le mal &#171; absolu &#187; est donc un mal qui s'attaque a&#768; la nature humaine elle-m&#234;me en visant &#224; abolir les racines du vivre-ensemble, c'est-a&#768;-dire la spontan&#233;it&#233; et la libert&#233; humaine. Cette compr&#233;hension du mal r&#233;v&#232;le la responsabilit&#233; des hommes dans le mal absolu et, du me&#770;me coup, l'espoir qu'il est peut-&#234;tre en notre pouvoir de le combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le mal absolu constitue donc, pour la pens&#233;e, un d&#233;fi absolu dans la mesure o&#249;, comme le dit Arendt : &#171; Nous n'avons, en fait, rien &#224; quoi nous r&#233;f&#233;rer pour comprendre un ph&#233;nom&#232;ne dont la r&#233;alit&#233; accablante ne laisse pas de nous interpeller, qui brise les normes connues de nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le mal absolu a &#233;galement &#233;t&#233; analys&#233; par Jacques Derrida dans un ouvrage intitul&#233; &lt;i&gt;Mal d'archive, une impression freudienne&lt;/i&gt; (1994)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;: Jacques Derrida mentionne le mal radical dans de nombreux textes, parmi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le mal absolu y est nettement distingue&#769; du mal courant, et ses manifestations concr&#232;tes sont sp&#233;cifi&#233;es : g&#233;nocides, Shoah, violence. Pour Derrida, &#224; chaque fois qu'on supprime la possibilit&#233; d'un a&#768;-venir, le mal est absolu. Ce mal absolu est tellement au-del&#224; du mal qu'on ne peut plus tracer une ligne continue entre l'un et l'autre. &lt;i&gt;L'annulation de l'avenir est donc l'autre nom du mal absolu,&lt;/i&gt; pour autant qu'il emp&#234;che que quoi que ce soit puisse arriver. Selon Derrida, quelles que soient les modalit&#233;s du mal, elles conduisent a&#768; ce plus grand risque, &#224; cette plus grande menace : celle qui d&#233;truit toute foi, tout h&#233;ritage, toute croyance, toute m&#233;moire, toute promesse, toute vie, et me&#770;me toute possibilit&#233; de penser ou d'&#339;uvrer. Le mal absolu est ainsi une force de destruction, une force d'annihilation qui ne laisse rien subsister derri&#232;re elle. Il est cette chose obscure, &#233;nigmatique, difficile a&#768; d&#233;limiter, d&#233;terminer ou de&#769;finir. Poser le mal absolu dans son rapport a&#768; la mort et &#224; la destruction c'est aussi poser la question de la r&#233;sistance a&#768; ce mal. &#171; &lt;i&gt;Tu ne tueras point &#187;&lt;/i&gt;, ce commandement qui para&#238;t aussi inconditionnel qu'universel est aussi le plus universellement transgress&#233;. La mort d'autrui est d&#233;valoris&#233;e, elle ne compte pour rien. Il n'y a pour l'autre ni compassion, ni deuil. Cette &#233;clipse est l'un des fondements du mal absolu, comme le montre tr&#232;s bien le film &lt;i&gt;La grande menace &lt;/i&gt; : que l'autre soit d&#233;truit, ou qu'il soit consid&#233;r&#233; comme non humain, cela ne revient-il pas, irr&#233;m&#233;diablement, au m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Pour Derrida comme pour Arendt, penser la Shoah, &lt;strong&gt;c'est mettre la m&#233;taphysique a&#768; la question&lt;/strong&gt;, car aucun humanisme au monde ne peut r&#233;sister a&#768; cette mise a&#768; mort de l'&#233;thique qu'a &#233;t&#233; la Shoah. Aucune institution, qu'elle ait &#233;t&#233; partie prenante ou complice, ne sort indemne, immune, saine et sauve d'une dissociation aussi radicale entre l'&#233;thique et la justice. La &#171; solution finale &#187; est un &#233;v&#232;nement singulier, unique, qu'il faudrait red&#233;finir. On utilise en effet diff&#233;rents mots pour la nommer, sans pouvoir s'arr&#234;ter sur aucun &#8211; ni Auschwitz, ni Holocauste, ni Shoah. Comme le mal absolu ou le nazisme, elle ne peut &#234;tre pense&#769;e &lt;i&gt;qu'a&#768; partir de son autre&lt;/i&gt;, &#224; partir de ce qu'elle a tent&#233; d'annihiler, &#224; savoir : l'humanit&#233; &#8211; l'humanit&#233; au-del&#224; des pulsions de mort, de cruaut&#233;, de souverainet&#233; et de pouvoir. Et cet au-del&#224; implique une responsabilit&#233; &#233;thique infinie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Nous venons de v&#233;rifier, en suivant plusieurs auteurs, combien la philosophie &#233;prouve de mal &#224; sonder les ab&#238;mes du mal. L'art nous aidera-t-il &#224; appr&#233;hender enfin le mal dans son absoluit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;L'argument du film de L&#225;szl&#243; Nemes &lt;i&gt;Le fils de Saul&lt;/i&gt; est le suivant : en octobre 1944, Saul Ausl&#228;nder, un juif d&#233;port&#233; &#224; Auschwitz-Birkenau et qui fait partie d'un &lt;i&gt;Sonderkommando&lt;/i&gt;, est forc&#233; d'assister les SS-nazis dans la mise en &#339;uvre du processus d'extermination dans ce camp. Un jour o&#249; il doit nettoyer la chambre &#224; gaz et d&#233;placer les corps des supplici&#233;s, il cro&#238;t reconna&#238;tre le corps de son fils. Il va d&#232;s lors entreprendre de soustraire ce corps au four cr&#233;matoire et de lui offrir une s&#233;pulture digne, au risque de mettre en danger la r&#233;sistance qui est en train de s'organiser dans le camp. La fa&#231;on de filmer du r&#233;alisateur est int&#233;ressante puisque L&#225;szl&#243; Nemes cadre sans cesse, en plan tr&#232;s serr&#233;, la t&#234;te de Saul, seule &#224; &#234;tre nette sur l'&#233;cran, tout le reste &#233;tant tr&#232;s flou. Le film montre donc, sans le montrer vraiment, le mal absolu des camps de la mort. L'image floue de cet environnement terrifiant renforce le pouvoir de suggestion de l'image, tout en ne nous prot&#233;geant d'aucune mani&#232;re de la souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;L'alt&#233;ration de l'image convoque alors l'imagination, cette derni&#232;re &#233;tant &#233;galement nourrie et renforc&#233;e par les images documentaires pr&#233;sentes dans l'esprit de chacun. Et il en va de m&#234;me pour les sons environnants, qui prennent un aspect encore plus &#233;pouvantable, peut-&#234;tre. Impossible en effet d'oublier les cris des d&#233;port&#233;s enferm&#233;s et leurs coups contre les portes de la chambre &#224; gaz ; impossible d'oublier les bruits des brosses frott&#233;es sur le sol pour nettoyer leur sang, ou les vocif&#233;rations gla&#231;antes des nazis. Mais, ce que souligne le film c'est avant tout la perte totale de sens dans cet univers du mal sans partage. La seule fa&#231;on de lutter contre cette inhumanit&#233; effroyablement organis&#233;e est le pur geste symbolique de Saul : il veut enterrer celui qu'il a d&#233;cid&#233; &#234;tre son fils, et il cherche &#224; travers tout le camp un rabbin pour r&#233;citer le Kaddish sur la tombe de ce fils.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;L'humanit&#233; de Saul au c&#339;ur de l'inhumanit&#233; est une fa&#231;on de montrer ce qui est irrepr&#233;sentable.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le philosophe et historien de l'art Georges Didi-Huberman a &#233;crit une lettre au r&#233;alisateur. Une lettre qu'il a intitul&#233;e &#171; &lt;i&gt;Sortir du noir&lt;/i&gt; &#187;, et qui est aujourd'hui publi&#233;e aux &#233;ditions de Minuit. Il tente dans cette lettre de mettre en mots le trouble qu'il a ressenti en voyant cette &#339;uvre cin&#233;matographique, chambre d'&#233;cho &#224; ses propres travaux : &lt;i&gt;&#171; Bien qu'ayant travers&#233; les m&#234;mes sources que vous, les images et les cris de votre film m'ont laiss&#233; sans d&#233;fense, sans savoir protecteur. Ils m'ont pris &#224; la gorge de plusieurs fa&#231;ons&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;C'est une mani&#232;re de souligner que l'art (ici le cin&#233;ma) doit avoir pour imp&#233;ratif, lorsqu'il veut repr&#233;senter le mal absolu, de ne pas le trahir, c'est-&#224;-dire de ne pas chercher &#224; l'expliquer &#8211; car cela offrirait paradoxalement au mal absolu l'occasion d'une sorte de &lt;i&gt;plaidoyer&lt;/i&gt;, un plaidoyer injuste et absurde. Si le mal est absolu, il &#233;chappe n&#233;cessairement &#224; ceux qui tentent de le dire, de l'expliquer, de le comprendre : peut-on vraiment imaginer, penser, expliquer par quelque raison que ce soit la Shoah ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Non, et Primo L&#233;vi a eu raison d'&#233;crire, &#224; propos de la Shoah : &#171; Peut-&#234;tre que ce qui s'est pass&#233; ne peut pas &#234;tre compris, dans la mesure o&#249; comprendre c'est presque justifier. En effet &#8216;&#8216;comprendre'' la d&#233;cision ou la conduite de quelqu'un, cela veut dire les mettre en soi, mettre en soi celui qui en est responsable, se mettre &#224; sa place, s'identifier &#224; lui. H&#233; bien aucun homme normal ne pourra jamais s'identifier &#224; Hitler, &#224; Himmler, &#224; Goebbels, &#224; Eichmann et &#224; tant d'autres encore &#187;&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;(Appendice &#224;&lt;i&gt; Si c'est un homme&lt;/i&gt;)&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Au fond, Primo L&#233;vi nous dit que, pour un &#233;crivain ou pour un cin&#233;aste, la difficult&#233; quasi insurmontable consiste &#224; dire et &#224; montrer le mal absolu sans l'expliquer, sans le r&#233;duire, sans le trahir, et donc &lt;i&gt;sans trahir ses victimes&lt;/i&gt;. Au bout du compte donc, lorsque l'art cherche &#224; dire le mal absolu, il ne doit pas chercher &#224; dire l'indicible, mais &#224; dire &lt;i&gt;l'indicibilit&#233; m&#234;me du mal en tant que mal absolu.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;text-2xl font-bold text-b-assmat mt-4 mb-2&#034; id='Conclusion'&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Dans mon introduction j'ai &#233;voqu&#233; le film de Jack Gold, &lt;i&gt;La grande menace, &lt;/i&gt;et j'ai qualifi&#233; le protagoniste du film, Morlar, d'incarnation du mal radical et non du mal absolu. Pourquoi mal radical plut&#244;t que mal absolu ? Si l'on se reporte &#224; la d&#233;finition kantienne du mal radical, on s'aper&#231;oit que Morlar lui correspond exactement. Kant, on s'en souvient, s'interroge sur les conditions de possibilit&#233; de l'action moralement mauvaise. Il ne s'agit pas pour lui de rechercher le principe &lt;i&gt;objectif &lt;/i&gt;de la moralit&#233;, mais d'&#233;tablir le fondement &lt;i&gt;subjectif &lt;/i&gt;de l'adoption des maximes non conformes a&#768; la loi morale, c'est-&#224;-dire des maximes particuli&#232;res non universalisables. De m&#234;me, Kant fait alors l'hypoth&#232;se de la pr&#233;sence d'un penchant au mal inn&#233; dans la nature intelligible de l'homme. C'est ce penchant qui produit dans le monde ph&#233;nom&#233;nal notre inclination a&#768; ne pas respecter la loi morale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Or, c'est bien de cela qu'il s'agit chez Morlar : d'un penchant au mal qu'il ne comprend pas lui-m&#234;me et qu'il nomme dans le film sa &#171; &lt;i&gt;mal&#233;diction&lt;/i&gt; &#187;, mais qu'il fait volontairement sien d&#232;s qu'il prend conscience du pouvoir infini que ce penchant lui procure. Le mal de Morlar n'est donc pas absolu si l'on entend par absolu &#171; sans lien &#187;, puisque ce film relie le mal commis par Morlar &#224; l'ensemble des &#233;v&#233;nements qui l'expliquent. De plus, m&#234;me si Morlar finit par devenir &#171; comme un dieu &#187; puisqu'il est plus fort que la mort, le mal qu'il incarne reste relatif &#224; autre chose que lui-m&#234;me car il s'explique par ce que Morlar a lui-m&#234;me souffert en tant qu'enfant, adulte, mari et p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Mais dans le second film dont je vous ai parl&#233;, &lt;i&gt;Le fils de Saul&lt;/i&gt;, il ne s'agit plus d'un mal radical mais d'un mal absolu. Le mal dans lequel est plong&#233; Saul est, en effet, absolu parce qu'il &#233;chappe &#224; ceux qui tenteraient de le nommer, de l'exprimer et de l'expliquer. Le film de Nem&#232;s sugg&#232;re d'une mani&#232;re tr&#232;s fine ce qu'est le mal absolu en s'abstenant de le montrer : tout est flou dans ce film hormis le visage de Saul, tout est sugg&#233;r&#233; par des bruits et des cris.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;J'ai pos&#233; dans cet expos&#233; trois questions : peut-on conna&#238;tre l'origine du mal ? Qu'est-ce que le mal radical ? Peut-il exister un mal absolu ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#192; la premi&#232;re question, j'ai r&#233;pondu que les th&#233;odic&#233;es qui cherchent &#224; remonter &#224; la source du mal se heurtent &#224; la difficult&#233; d'attribuer le mal &#224; Dieu. Elles posent donc que le mal ne provient que de la &lt;i&gt;privation &lt;/i&gt;qui d&#233;rive de l'imperfection originelle des cr&#233;atures. Mais si le mal trouve ainsi une explication rendant compte de sa re&#769;alite&#769; et de sa nature, il devient fort difficile de comprendre le lien existant entre le mal et la libert&#233;. Je me suis donc tourn&#233;e vers Kant pour tenter de comprendre ce lien. Selon Kant, tout &#234;tre raisonnable est soumis a&#768; la loi morale, et qui dit libert&#233; dit responsabilit&#233;. Mais il est possible de concevoir une volont&#233; qui reconna&#238;t la loi de la raison tout en la violant.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Ainsi, la responsabilit&#233; s'exerce aussi bien dans le respect de la loi morale que dans l'acte orient&#233; vers le mal. Il s'ensuit que la libert&#233; donne au mal une positivit&#233; : la positivit&#233; d'une force, non pas contradictoire, mais contraire au bien. Par cons&#233;quent, le mal n'est plus une privation. Mais il existe une limite de la libert&#233; pour le mal : un &#234;tre libre n'a pas le pouvoir de se lib&#233;rer de la loi de libert&#233; et de choisir le &lt;i&gt;mal pour le mal&lt;/i&gt;. La volont&#233; humaine n'est donc &lt;i&gt;ni&lt;/i&gt; absolument bonne, puisqu'elle peut choisir le mal, &lt;i&gt;ni &lt;/i&gt;absolument mauvaise, puisqu'elle ne peut pas choisir le mal pour le mal. Le mal radical kantien appara&#238;t ainsi comme pensable, c'est-&#224;-dire explicable et compr&#233;hensible.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Mais je me suis demand&#233; s'il n'y avait pas un autre mal, un mal &lt;i&gt;absolu&lt;/i&gt;, qui &#233;chapperait tout &#224; la fois &#224; notre raison et &#224; Dieu lui-m&#234;me. Ce mal absolu, Hannah Arendt nous a aid&#233; &#224; mieux le cerner. Dans son ouvrage sur Eichmann, elle montre que le &lt;i&gt;mal absolu&lt;/i&gt; est celui qui transforme la nature humaine, voire qui &#233;radique l'humanit&#233; de l'homme. Le mal absolu invalide ainsi &#224; sa source la question morale en rendant possible l'impossible. Il ne ressortit plus, d&#232;s lors, des cat&#233;gories du punissable ou du pardon. Il n'a plus rien de commun avec le mal m&#233;taphysique, le mal moral ou le mal radical, parce que non seulement il d&#233;passe tout ce que l'on pouvait imaginer, mais encore il d&#233;sarme nos sch&#233;mas intellectuels de compr&#233;hension.&lt;br class='manualbr' /&gt;Selon Arendt, les crimes qui ont &#233;t&#233; commis pendant la seconde guerre mondiale nous obligent &#224; prendre en compte cette nouvelle forme du mal, vis-&#224;-vis de laquelle les concepts forg&#233;s par la th&#233;ologie ou la philosophie se r&#233;v&#232;lent impuissants. Ce qui an&#233;antit toute tentative de compr&#233;hension du mal absolu est donc l'absence de tout motif et de toute raison compr&#233;hensible dans les crimes commis par les responsables nazis. C'est, pour le dire dans les termes d'Emmanuel L&#233;vinas dans un article intitul&#233; &#171; le scandale du mal &#187;&lt;i&gt;,&lt;/i&gt; &#171; l'arbitraire irr&#233;ductible du mal ''m&#233;chant'', du mal sans r&#233;pondant ni r&#233;ponse &#187;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Je voudrais terminer cet article par un po&#232;me, celui du grand Paul Celan, intitul&#233; &lt;i&gt;Fugue de mort (Todesfuge,)&lt;/i&gt; &#233;crit en 1945. Ce po&#232;me dit l'horreur de la d&#233;portation, la douleur de la perte, l'an&#233;antissement du juda&#239;sme et de l'humanit&#233; des hommes. Il dit le mal absolu. La langue po&#233;tique de Celan ouvre &#224; une r&#233;alit&#233; terrible pour toujours expos&#233;e au regard du monde :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; Lait noir de l'aube nous le buvons le soir&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;nous le buvons midi et matin nous le buvons&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;la nuit&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;nous buvons nous buvons&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;nous creusons une tombe dans les airs on n'y&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;est pas couch&#233; &#224; l'&#233;troit&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Un homme habite la maison il joue avec les&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;serpents il &#233;crit&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;il &#233;crit quand vient le sombre cr&#233;puscule en&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Allemagne tes cheveux d'or Margarete&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;il &#233;crit cela et va &#224; sa porte et les &#233;toiles&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;fulminent il siffle ses dogues&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;il siffle pour appeler ses Juifs et fait creuser&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;une tombe dans la terre&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;il ordonne jouez et qu'on y danse. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt; : Jacques Derrida mentionne le mal radical dans de nombreux textes, parmi lesquels : &lt;i&gt;Le retrait de la m&#233;taphore &lt;/i&gt;(dans Psych&#232; 1, 1987), &lt;i&gt;Circonfession &lt;/i&gt;(1991), &lt;i&gt;Politiques de l'amiti&#233; &lt;/i&gt;(1994), &lt;i&gt;Mal d'Archive &lt;/i&gt;(1994), &lt;i&gt;Force de loi &lt;/i&gt;(1994), &lt;i&gt;&#201;chographies de la t&#233;l&#233;vision &lt;/i&gt;(1996), &lt;i&gt;Adieu a&#768; Emmanuel Levinas &lt;/i&gt;(1997), &lt;i&gt;Foi et savoir &lt;/i&gt;(2000), &lt;i&gt;&#201;tats d'a&#770;me de la psychanalyse &lt;/i&gt;(2000), &lt;i&gt;Papier Machine &lt;/i&gt;(2001). Pour renvoyer a&#768; ce th&#232;me, plus fr&#233;quent dans son &#339;uvre a&#768; partir des ann&#233;es 1990, les mots utilis&#233;s peuvent changer. : il est parfois question du &lt;i&gt;pire&lt;/i&gt;, parfois de la &lt;i&gt;loi du pire&lt;/i&gt;, parfois encore du &lt;i&gt;mal radical ou du mal absolu&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le probl&#232;me du mal : Le mal dans son rapport &#224; la libert&#233; humaine</title>
		<link>https://croyancesetvilles.fr/Le-probleme-du-mal-Le-mal-dans-son-rapport-a-la-liberte-humaine.html</link>
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		<dc:date>2026-02-19T16:09:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Agn&#232;s Pigler</dc:creator>


		<dc:subject>Expertises</dc:subject>
		<dc:subject>Religion </dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le probl&#232;me du mal (2/3) - Comme nous l'a montr&#233; Agn&#232;s Pigler dans son premier article, se questionner sur l'origine du mal conduit &#224; des impasses philosophiques et th&#233;ologiques. Dans cette seconde partie de sa r&#233;flexion sur le probl&#232;me du mal, et son rapport &#224; la libert&#233;, la philosophe s'appuie sur la pens&#233;e de Kant qui envisage le bien et le mal dans les limites de la libert&#233; humaine, c'est &#224; dire &#224; l'aune de la volont&#233; et du libre-arbitre moral.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://croyancesetvilles.fr/local/cache-vignettes/L104xH150/illustration-le-mal-2_3-87b0b.jpg?1775209693' class='spip_logo spip_logo_right' width='104' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le probl&#232;me du mal (2/3) - Comme nous l'a montr&#233; Agn&#232;s Pigler dans son premier article, se questionner sur l'origine du mal conduit &#224; des impasses philosophiques et th&#233;ologiques car, explique-t-elle : &#171; si le mal peut recevoir un sens, ce n'est certainement pas celui qui consiste a&#768; l'int&#233;grer, pour en amoindrir le scandale, dans une Providence incompr&#233;hensible pour nous. Il faudrait tout au contraire prendre le mal au s&#233;rieux en tant que d&#233;fi lanc&#233; a&#768; la libert&#233; humaine a&#768; partir de cette libert&#233; m&#234;me &#187;. Dans cette seconde partie de sa r&#233;flexion sur le probl&#232;me du mal et son rapport &#224; la libert&#233;, la philosophe s'appuie sur la pens&#233;e de Kant qui envisage le bien et le mal dans les limites de la libert&#233; humaine, c'est &#224; dire &#224; l'aune de la volont&#233; et du libre-arbitre moral.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le mal est &lt;i&gt;toujours d&#233;j&#224; la&#768;&lt;/i&gt;, inexplicable, ancre&#769; a&#768; notre condition ontologique et sans cesse mis en &#339;uvre par nous. C'est l&#224; tout &lt;i&gt;le paradoxe d'une libert&#233; pre&#769;ce&#769;de&#769;e par le mal qu'elle va provoquer.&lt;/i&gt; Faire de notre libert&#233; la racine du mal nous ouvre un autre chemin que celui de la recherche de son origine ; il faut renoncer a&#768; toute &lt;i&gt;explication originaire &lt;/i&gt;du mal. Ce renversement de perspective place le mal dans la seule dimension pratique du questionnement sur nos actes et de notre responsabilit&#233;. Penser la relation du mal et de la libert&#233; revient donc, en premier lieu, a&#768; s'interroger sur la nature me&#770;me de l'action humaine. En effet, si &#234;tre responsable signifie d'abord r&#233;pondre de ses actes, en s'affirmant comme leur cause active, toute la difficult&#233; r&#233;side dans la de&#769;finition de cette activit&#233;. En fait, le rapport entre notre libert&#233; &#224; la loi est, pour une part, un &lt;i&gt;probl&#232;me&lt;/i&gt; car il existe une confrontation entre nos inclinations et les prescriptions de la raison et, pour une autre part, une&lt;i&gt; t&#226;che&lt;/i&gt; puisqu'il s'agit pour notre volont&#233; d'agir d'apr&#232;s la loi morale afin de se rendre autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Selon Kant, la duplicit&#233; de l'homme, est donc celle d'un &#234;tre moral et d'un &#234;tre faillible : l'exp&#233;rience montre que l'homme porte en lui un penchant &#224; d&#233;sirer activement l'illicite, agissant ainsi &#224; l'encontre de l'obligation morale. L'homme exprime sa duplicit&#233; d'&#234;tre faillible qui choisit librement de transgresser ce que sa raison lui prescrit comme norme universelle de son &#234;tre moral. La sensibilit&#233;, en tant que r&#233;ceptivit&#233;, ne saurait en rien rendre compte de notre perfection ou imperfection int&#233;rieure. C'est l'entendement lui-m&#234;me qui commande et qui dispose de l'usage de toutes les facult&#233;s pour les soumettre &#224; son libre arbitre. De m&#234;me, le mal ne saurait r&#233;sulter d'une corruption de la raison morale l&#233;gislatrice, car ce serait abolir la loi morale comme conscience et par suite ne plus reconna&#238;tre son autorit&#233;. Mais cela reviendrait surtout &#224; abolir la libert&#233; dans le mal et &#224; concevoir la raison humaine comme raison maligne, voulant le mal pour le mal. Toute la port&#233;e de la r&#233;flexion kantienne est de penser le bien et le mal dans les limites de la libert&#233;, afin de concevoir la responsabilit&#233; de l'homme dans ses choix : sa libert&#233; s'exprime entre deux extr&#234;mes, une volont&#233; pathologiquement d&#233;termin&#233;e et une raison absolument corrompue. Ainsi, force est de reconna&#238;tre que la nature mauvaise de la volont&#233; r&#233;sulte d'un choix volontaire de principes mauvais et immuables. L'homme est donc mauvais parce que ses actions sont la cons&#233;quence du choix intelligible d'une maxime mauvaise prise pour principe d&#233;terminant de sa volont&#233;. Ce point de vue conduit &#224; consid&#233;rer le mal comme un penchant subjectif adopt&#233; par un &#234;tre faillible dans un &lt;i&gt;acte de libert&#233;&lt;/i&gt; qui rend possible la d&#233;viance des maximes &#224; l'&#233;gard de la loi morale. Ce penchant au mal, &#171; qui s'&#233;veille infailliblement aussit&#244;t que l'&#234;tre humain commence &#224; faire usage de sa libert&#233; &#187;, &#233;crit Kant dans L'&lt;i&gt;Anthropologie&lt;/i&gt;, r&#233;sulte d'un mauvais usage de la volont&#233; eu &#233;gard &#224; la loi morale. On voit que, du point de vue du mal moral, c'est bien la responsabilit&#233; de l'homme qui est en jeu car ce mal concerne avant tout sa libert&#233; et le rapport conflictuel de ses penchants &#224; la loi morale. Soumis &#224; la loi de la libert&#233; l'homme &lt;i&gt;fait&lt;/i&gt; librement le mal et c'est pourquoi, confront&#233; au tribunal de sa conscience d'&#234;tre moral, il en porte toute la responsabilit&#233;. D'o&#249; la th&#232;se, expos&#233;e par Kant dans son ouvrage &lt;i&gt;La religion dans les limites de la simple raison, &lt;/i&gt;qui affirme que &#171; Cette proposition : l'homme es&lt;i&gt;t &lt;/i&gt;mauvais, ne peut, d'apr&#232;s ce qui pr&#233;c&#232;de, vouloir dire autre chose que ceci : l'homme a conscience de la loi morale, et il a cependant adopte&#769; pour maxime de s'&#233;carter (occasionnellement) de cette loi. Dire qu'il est mauvais par nature, c'est regarder ce qui vient d'&#234;tre dit comme s'appliquant a&#768; toute l'esp&#232;ce humaine : ce qui ne veut pas dire que la m&#233;chancet&#233; soit une qualit&#233; qui puisse &#234;tre d&#233;duite du concept de l'esp&#232;ce humaine (du concept d'homme en g&#233;n&#233;ral), car elle serait alors n&#233;cessaire, mais que, tel qu'on le conna&#238;t par l'exp&#233;rience, l'homme ne peut pas &#234;tre juge&#769; diff&#233;remment, ou qu'on peut supposer le penchant au mal chez tout homme, me&#770;me chez le meilleur, comme subjectivement n&#233;cessaire &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, l'homme ne peut devenir mauvais que par sa libert&#233;, c'est-&#224;-dire par le choix d&#233;lib&#233;r&#233; du mal. La &#171; nature &#187; de l'homme qui entre ici en jeu est donc celle de sa volont&#233; qui, ayant choisie le mal, s'identifie &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Tous les &#171; Essais sur le mal &#187;, que ce soit celui de Paul Ricoeur, &lt;i&gt;Le mal, un d&#233;fi &#224; la philosophie et &#224; la th&#233;ologie,&lt;/i&gt; ou d'Hannah Arendt, &lt;i&gt;Eichmann &#224; J&#233;rusalem. Rapport sur la banalit&#233; du mal&lt;/i&gt;, ou encore celui de Myriam Revault-d'Allones, &lt;i&gt;Ce que l'homme fait &#224; l'homme. Essai sur le mal politique,&lt;/i&gt; ou celui de Hans Jonas, &lt;i&gt;Le concept de Dieu apr&#232;s Auschwitz &#8211; &lt;/i&gt;tous ces Essais donc, ont pris pour point de d&#233;part l'analyse kantienne du mal radical en tant que mal moral. Examinons comment ces auteurs transposent le choix d&#233;lib&#233;r&#233; pour le mal &#224; notre &#233;poque contemporaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'essentiel de la compr&#233;hension par Hannah Arendt du concept kantien de mal radical est contenu dans le commentaire qu'elle en fait dans son livre &lt;i&gt;Le syst&#232;me totalitaire &lt;/i&gt; : &#171; Kant, le seul philosophe qui, dans l'expression qu'il forgea a&#768; cet effet, dut avoir au moins soup&#231;onn&#233; l'existence d'un tel mal, quand bien me&#770;me il s'empressa de le rationaliser par le concept &#8220;d'une volont&#233; perverse'' explicable a&#768; partir de mobiles intelligibles &#187;. Ce qui est probl&#233;matique pour Arendt dans la conception kantienne du mal radical, c'est par cons&#233;quent la question de la volont&#233; et des motifs, qu'elle comprend comme une &#171; rationalisation &#187;. Au fond, Arendt rejette la possibilit&#233; que le mal puisse &#234;tre li&#233; &#224; une part monstrueuse en l'homme, et son affirmation selon laquelle le mal radical ne s'explique pas par des intentions mauvaises ou par des motifs m&#233;chants la place en situation de rupture avec la tradition occidentale de la philosophie morale. Pourquoi Arendt effectue-t-elle cette rupture ? Parce que la tradition philosophique t&#233;moigne de l'impuissance de notre philosophie morale a&#768; comprendre le mal politique. Et la rupture est encore plus nette avec l'affirmation provocante d'Arendt selon laquelle le mal n'est pas explicable par un retour sur l'intention &#171; on ne parvient pas a&#768; d&#233;couvrir en Eichmann la moindre profondeur diabolique ou d&#233;moniaque &#187;, &#233;crit-elle dans son livre sur &lt;i&gt;Eichmann&lt;/i&gt;. Dans &lt;i&gt;Le syst&#232;me totalitaire&lt;/i&gt;, elle n'utilise pas l'expression de &#171; mal radical &#187; pour qualifier le caract&#232;re des individus, mais pour faire une description ph&#233;nom&#233;nologique du monde totalitaire ou, plus pr&#233;cis&#233;ment, une description de la dissolution du monde commun par le totalitarisme. L'&#233;pith&#232;te &#171; radical &#187; vient illustrer le caract&#232;re total d'un mal qui vise &#224; la transformation de la nature humaine, voire &#224; l'&#233;radication de l'humanit&#233; de l'homme. En effet, comme Arendt l'&#233;crit dans &lt;i&gt;Le syst&#232;me totalitaire&lt;/i&gt; : &#171; le dessein des id&#233;ologies totalitaires n'est pas de transformer le monde ext&#233;rieur, ni d'op&#233;rer une transmutation r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233;, mais de transformer la nature humaine elle-m&#234;me &#187;. La source du mal radical se trouve ainsi dans l'exp&#233;rience de la d&#233;solation, dans la perte de l'espace entre les hommes, qui est n&#233;cessaire a&#768; la cr&#233;ation d'un monde commun et, par-l&#224;, de toute vie politique. La question qui se pose alors est de savoir comment Arendt est pass&#233;e du &#171; mal radical &#187;, dans &lt;i&gt;Le syst&#232;me totalitaire&lt;/i&gt;, a&#768; la &#171; banalit&#233; du mal &#187;, dans &lt;i&gt;Eichmann &#224; J&#233;rusalem&lt;/i&gt;. Et la question est surtout de savoir ce que signifie ce nouveau cheminement de pense&#769;e. Disons tout de suite que ce qu'Arendt abandonne avec l'expression &#171; mal radical &#187; ce n'est pas son analyse du totalitarisme comme tentative pour rendre les hommes superflus et d&#233;sol&#233;s, mais c'est proprement la r&#233;f&#233;rence kantienne attach&#233;e a&#768; l'usage de l'expression de &#171; mal radical &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Sans aborder le compte rendu du proc&#232;s d'Eichmann en d&#233;tail, je me bornerai a&#768; en d&#233;gager les &#233;l&#233;ments essentiels pour la compr&#233;hension de la notion de &#171; banalit&#233; du mal &#187;. Arendt d&#233;crit Eichmann comme quelqu'un qui n'avait aucun motif ni aucune raison personnelle pour d&#233;tester les Juifs. Il n'avait, selon elle, aucune conviction id&#233;ologique ; il n'avait pas sa carte du parti nazi et ne connaissait pas tr&#232;s bien leur programme. Il ne prenait jamais de d&#233;cisions de fa&#231;on autonome et s'arrangeait toujours pour agir en fonction d'ordres re&#231;us. Lors de son proc&#232;s, il r&#233;pond aux questions par des phrases toutes faites, des clich&#233;s. En fait, explique Arendt, il avait fait siennes les r&#232;gles de langage &#233;dict&#233;es par le r&#233;gime, et il fut me&#770;me fier de dire que le langage administratif &#233;tait le seul qu'il conn&#251;t. Eichmann est ainsi d&#233;peint par Arendt comme l'arch&#233;type de &lt;i&gt;l'homme superflu&lt;/i&gt;, c'est-a&#768;-dire de l'homme sans croyances, sans profondeur et facilement rempla&#231;able par quiconque e&#251;t accepte&#769; de remplir sa t&#226;che. La th&#232;se qu'elle propose est finalement qu'Eichmann fait preuve de &lt;i&gt;vacuit&#233; de la pense&#769;e&lt;/i&gt;. Il n'est pas corrompu par nature, mais souffre d'un manque de rapport au monde. Le mal qu'il a impos&#233; aux autres &#233;tait sans motif et surtout sans profondeur ontologique. Ce mal est donc banal, car accompli sans jugement. Eichmann est tout simplement incapable de se mettre a&#768; la place des autres, de faire preuve de pens&#233;e &#171; &#233;largie &#187;, au sens kantien du terme. Arendt remarque dans son ouvrage que cette normalit&#233;-l&#224; est encore plus terrifiante que la perversion ou le d&#233;moniaque, car ce &#171; &lt;i&gt;nouveau type de criminel&lt;/i&gt; &#187; d&#233;fie la compr&#233;hension traditionnelle de la criminalit&#233; et &#233;chappe aux valeurs de la morale classique. Ce qui est &#224; proprement parler &#171; terrifiant &#187;, c'est qu'Eichmann incarne l'id&#233;al-type de l'homme totalitaire et exemplifie, en ce sens, la th&#232;se d'Arendt sur la d&#233;solation totalitaire. En effet, l'individu qui n'a plus de rapports authentiques avec les autres travaillera consciencieusement pour devenir un employ&#233; mod&#232;le et pour acqu&#233;rir ainsi une certaine reconnaissance. Il sera pr&#234;t a&#768; effectuer n'importe quelle t&#226;che, me&#770;me l'extermination de millions de personnes, si cette t&#226;che a l'apparence d'un travail routinier soigneusement organis&#233;. C'est ce caract&#232;re d'employ&#233; soucieux de bien faire son travail qui valut &#224; Eichmann le titre de &#171; sp&#233;cialiste &#187; de la solution finale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Le passage du &#171; mal radical &#187; a&#768; la &#171; &#171; banalit&#233; du mal &#187; se comprend donc comme la tentative d'&#233;viter que les horreurs totalitaires ne prennent la forme d'une &lt;i&gt;grandeur satanique&lt;/i&gt;. Arendt expliquait en effet, dans la correspondance qu'elle entretint avec Jaspers, que les actes nazis ne pouvaient &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des crimes ; ce &#224; quoi Jaspers r&#233;pondait : &#171; votre conception m'inqui&#232;te un peu du fait que la faute qui d&#233;passe toute faute criminelle acquiert in&#233;vitablement une certaine &#171; grandeur &#187; &#8212; une grandeur satanique, qui, pour ce qui est des nazis, est aussi loin de moi que le discours sur le &#8216;&#8216;d&#233;monisme'' de Hitler et autres choses de cette sorte. &#187; (&lt;i&gt;Lettre de Jaspers &#224; Arendt du 23 octobre 1946).&lt;/i&gt; Mais c'est justement la prise en compte de cette &#171; grandeur satanique &#187; qu'Arendt veut &#233;viter avec le concept de &#171; banalit&#233; du mal &#187;. Dans le post-scriptum du compte-rendu qu'elle donne du proc&#232;s d'Eichmann, Arendt &#233;crit : &#171; Eichmann n'&#233;tait pas stupide. C'est la pure absence de pens&#233;e &#8211; ce qui n'est pas du tout la m&#234;me chose &#8211; qui lui a permis de devenir un des plus grands criminels de son &#233;poque. Cela est &#8216;&#8216;banal'' et m&#234;me comique : avec la meilleure volont&#233; du monde on ne parvient pas a&#768; d&#233;couvrir en Eichmann la moindre profondeur diabolique ou d&#233;moniaque &#187;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Arendt d&#233;couvre ainsi que les sources du mal ne sont pas myst&#233;rieuses, profondes ou diaboliques ; elles sont plut&#244;t a&#768; la port&#233;e de tous les hommes. Il n'est pas n&#233;cessaire d'invoquer des forces surnaturelles pour comprendre le mal totalitaire. Or, si le mal n'a pas de profondeur ontologique et s'il est banal, il est &lt;i&gt;en notre pouvoir&lt;/i&gt; de le combattre en exer&#231;ant notre facult&#233; de penser et de juger.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Avec Arendt donc, le mal se d&#233;place de la sph&#232;re de la morale &#224; celle du politique, car il existe une forme de mal &lt;i&gt;sp&#233;cifiquement&lt;/i&gt; &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt;. L'ali&#233;nation&lt;i&gt; &lt;/i&gt;politique, ce que Arendt d&#233;signe par le &#171; syst&#232;me totalitaire &#187;, est alors le processus par lequel l'&#201;tat perd le sens de ce qui le d&#233;finit pour ne plus se r&#233;duire qu'a&#768; un complexe de violences et de contraintes. On peut radicaliser une telle conception en isolant plus pr&#233;cis&#233;ment encore la sp&#233;cificit&#233; du mal politique, et c'est ce que fait Myriam Revault-d'Allonnes. Au politique est en effet lie&#769; un type particulier d'attente, d'esp&#233;rance me&#770;me, celle de r&#233;aliser &lt;i&gt;sur terre &lt;/i&gt;le meilleur des mondes. D&#232;s lors que cette esp&#233;rance se pr&#233;sente comme un &lt;i&gt;savoir&lt;/i&gt;, d&#232;s lors que la pr&#233;tention a&#768; am&#233;liorer l'homme devient exigence de le &lt;i&gt;transformer, &lt;/i&gt;le politique adopte le point de vue de la th&#233;odic&#233;e, c'est-a&#768;-dire qu'il nie en l'homme tout ce qui r&#233;siste a&#768; cette transformation. Cette forme d'empi&#232;tement de la sph&#232;re publique sur la sph&#232;re priv&#233;e est caract&#233;ristique des r&#233;gimes totalitaires. La libert&#233; de l'individu y est ni&#233;e au nom d'un id&#233;al de perfection incompatible avec la finitude humaine. L'&#201;tat prend en quelque sorte la place de Dieu : il veut modeler l'homme a&#768; son image. Ce type particulier de &lt;i&gt;perversion &lt;/i&gt;(un id&#233;al qui aboutit a&#768; sa n&#233;gation) nous invite a&#768; nous interroger sur le sens et les limites des diverses ripostes possibles au mal humain.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Myriam Revault-d'Allonnes insiste, dans son ouvrage, sur le risque que le politique fait courir &#224; l'homme en se substituant a&#768; la morale ou, pire, a&#768; la religion, en pr&#233;tendant le transformer. Le politique p&#232;che l&#224; par son exigence (irr&#233;alisable) de parfaire l'individu. Il existe donc une sp&#233;cificit&#233; du mal politique qui tient au type particulier d'unit&#233;, de &#171; synth&#232;se &#187; ou de &#171; totalisation &#187; que le politique vise a&#768; r&#233;aliser. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais nous devons aussi r&#233;fl&#233;chir, s'agissant du rapport entre libert&#233; et mal, au fait que l'homme apprend &#224; utiliser la souffrance physique ou psychique pour dominer ou asservir son semblable. Il invente &#224; cette fin les armes les plus raffin&#233;es et les tortures les plus douloureuses. Pouss&#233; par la poursuite des plaisirs, il est entra&#238;n&#233; par une course effr&#233;n&#233;e &#224; la puissance et &#224; la fortune. Dans cette course, la rivalit&#233; primitive prend toutes les formes possibles de la comp&#233;tition f&#233;roce et de la concurrence impitoyable. Dans le but d'obtenir le pouvoir par n'importe quel moyen, il d&#233;veloppe simultan&#233;ment les sympt&#244;mes d'une inflation du moi et d'un d&#233;sir m&#233;galomaniaque de toute-puissance. Cette double inflation fait elle-m&#234;me signe vers l'urgence d'agir, tant il est vrai que, comme Paul Ricoeur l'a soulign&#233;, l'homme qui se trouve confront&#233; au mal &lt;i&gt;se doit&lt;/i&gt; &lt;i&gt;d'agir&lt;/i&gt;, et d'agir en mettant entre parenth&#232;ses certains probl&#232;mes th&#233;oriques, par exemple celui de l'origine du mal. Il doit s'affirmer comme homme par sa lutte contre le mal, ce qui pr&#233;suppose que le mal soit contingent, c'est-a&#768;-dire d&#233;passable. En effet, pour qui songe a&#768; agir, le mal n'est qu'une re&#769;alite&#769; scandaleuse (tout ce qui ne devrait pas &#234;tre) et un appel a&#768; l'action (qui doit le combattre). C'est l'urgence de l'action qui brise le cercle de la r&#233;flexion th&#233;orique posant abstraitement le probl&#232;me de l'origine du mal. Ainsi p&#233;n&#232;tre-t-on dans l'ordre du concret, o&#249; la question n'est plus celle de l'origine mais celle de la fin : il faut agir pour que cesse le mal. Le combat contre le mal impose donc de r&#233;gler par la pratique un certain nombre de probl&#232;mes sp&#233;culatifs. En premier lieu, agir pour que le mal ne soit pas, c'est poser qu'il pourrait ne pas &#234;tre et qu'il est par cons&#233;quent contingent. Ensuite, la question th&#233;orique du sens de la souffrance est resitu&#233;e sur le plan du mal effectif commis par d'autres hommes et c'est sur ce plan que la souffrance demeure partiellement inexplicable. Pourtant, cela n'enl&#232;ve rien au fait qu'elle est d'abord l'effet concret de la violence&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;que l'homme inflige a&#768; l'homme. Il ne s'agit donc plus que d'agir sur cette violence pour diminuer la souffrance dans le monde. On comprend en lisant Ricoeur que le combat pratique contre le mal n'est jamais un pis-aller &#224; une th&#233;orie. Bien au contraire, c'est l'action qui &#171; r&#233;sout &#187;, en les rendant inessentiels, des probl&#232;mes th&#233;oriques insolubles, par exemple celui du rapport entre Dieu et le mal. Il s'ensuit que penser le mal comme effet d'une pratique &#8211; que ce soit du c&#244;t&#233; de ceux qui exercent le pouvoir, ou de ceux qui &#224; l'inverse renoncent &#224; participer aux affaires de la cit&#233;, ou encore de ceux qui choisissent de faire le mal &#8211; c'est se donner les moyens de repenser notre attitude face au mal et c'est chercher les moyens d'y rem&#233;dier.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Mais n'y a-t-il pas un mal &lt;i&gt;absolu&lt;/i&gt; ? Un mal fait &lt;i&gt;sans aucune r&#233;serve &lt;/i&gt; ; un mal que l'on pourrait presque juger &lt;i&gt;parfait&lt;/i&gt; tant il ne trouve, en chacun de nous, aucune possibilit&#233; de r&#233;action. Un mal &lt;i&gt;stup&#233;fiant &lt;/i&gt;m&#234;me parce qu'il d&#233;passe l'entendement ; un mal absolu sans rapport avec ce que l'on peut normalement imaginer ou penser, c'est-&#224;-dire expliquer et comprendre. Un mal donc, qui transgresserait, non pas la limite qui s&#233;pare le licite de l'illicite, mais la limite entre le possible et l'impossible, le pensable et l'impensable ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#192; suivre : &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le probl&#232;me du mal : Comprendre le mal comme mal absolu&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Relire l'article pr&#233;c&#233;dent : &lt;a href=&#034;https://www.croyancesetvilles.fr/Le-probleme-du-mal-L-origine-du-mal.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le probl&#232;me du mal : les origines du mal&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le probl&#232;me du mal : l'origine du mal</title>
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		<dc:date>2026-02-12T10:53:03Z</dc:date>
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		<dc:creator>Agn&#232;s Pigler</dc:creator>


		<dc:subject>Expertises</dc:subject>
		<dc:subject>Religion </dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&#192; Londres, un d&#233;tective d&#233;couvre qu'un &#233;crivain mourant provoque des catastrophes gr&#226;ce &#224; des pouvoirs t&#233;l&#233;kin&#233;tiques. Sur son lit de mort, le c&#233;l&#232;bre romancier Morlar r&#233;v&#232;le qu'il se croit rempli d'une mission punitive contre l'homme et m&#234;me Dieu. Partant de ce film, The Medusa Touch de Jack Gold, r&#233;alis&#233; en 1977 et dont le titre fran&#231;ais est La grande menace, la philosophe Agn&#232;s Pigler nous convie &#224; partager un examen de conscience philosophique de la notion de mal. Cheminant depuis son origine, passant par son rapport &#224; la libert&#233; humaine, dans une s&#233;rie de 3 articles, Agn&#232;s Pigler nous m&#232;ne jusqu'&#224; la compr&#233;hension du mal comme mal absolu.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://croyancesetvilles.fr/local/cache-vignettes/L115xH150/medusa-63494.jpg?1775209693' class='spip_logo spip_logo_right' width='115' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;text-xl font-bold text-blue-900 mt-3 mb-2&#034; id='En-guise-d-introduction-sur-l-origine-du-mal'&gt;En guise d'introduction sur l'origine du mal&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Je voudrais convoquer ici un film qui m'a vraiment marqu&#233; et qui est, pour moi, l'expression m&#234;me du mal radical. Il s'agit du film &lt;i&gt;The Medusa Touch &lt;/i&gt;de Jack Gold, r&#233;alis&#233; en 1977 et dont le titre fran&#231;ais est &lt;i&gt;La grande menace&lt;/i&gt;. Le h&#233;ros du film, John Morlar, est un auteur qui &#233;crit des romans traduisant une volont&#233; d&#233;sesp&#233;r&#233;e d'agir contre la violence et la cruaut&#233;, dont il rend responsable les institutions (la Couronne d'Angleterre, l'&#233;cole ou l'&#201;glise catholique). Le d&#233;sespoir, l'amertume, la haine qui transpirent dans le film sont celles de Morlar. Cette haine &#224; l'encontre de toutes les institutions va crescendo dans le film. C'est d'abord l'institution de la famille (la nourrice et les parents) qui g&#233;n&#232;re, selon Morlar, le &lt;i&gt;mal social &lt;/i&gt; ; puis celle du coll&#232;ge (il fait br&#251;ler l'institution scolaire), et on peut sans doute parler ici de &lt;i&gt;mal politique &lt;/i&gt; ; puis l'&#233;glise (la cath&#233;drale est d&#233;truite) g&#233;n&#233;r&#233;e par &lt;i&gt;un mal moral&lt;/i&gt; qu'elle perp&#233;tue elle-m&#234;me ; et enfin le genre humain tout entier (l'explosion de la centrale nucl&#233;aire qu'on ne verra pas dans le film) qui est l'expression d'un &lt;i&gt;mal radical&lt;/i&gt;. Pourquoi ? Sous pr&#233;texte que les institutions poss&#232;dent le pouvoir, Morlar les consid&#232;re comme les seules responsables de &lt;strong&gt;sa&lt;/strong&gt; souffrance en tout premier lieu, des guerres et des atrocit&#233;s commises par l'homme ensuite. Sous pr&#233;texte encore que l'&#201;glise a mal agi, il punit l'ensemble des croyants, puisque la destruction finale de la cath&#233;drale an&#233;antit tous les fid&#232;les, les dirigeants et les hommes d'&#233;glise, mais aussi le public. Dans le film, Morlar rencontre deux oppositions fortes, celle de la psychanalyste qui va jusqu'&#224; le tuer au d&#233;but du film, et celle de l'inspecteur qui ira lui aussi jusqu'au meurtre en d&#233;branchant les appareils qui, &#224; l'h&#244;pital, maintenaient Morlar en vie. Mais, malgr&#233; cela, la conception mal&#233;fique du monde selon Morlar devient omnipr&#233;sente dans le film, et triomphe finalement : la folie nihiliste qui s'empare de Morlar est la plus forte, et la morale s'av&#232;re finalement impuissante devant cette soif du mal.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Dans le film, trois sc&#232;nes en flash-back expliquent le d&#233;sir de mort qui anime Morlar : la nourrice qui le terrorise enfant, les parents qui humilient leur fils, le professeur qui maltraite l'&#233;l&#232;ve Morlar. Mais imaginer la mort de quelqu'un, la d&#233;sirer dans un esprit de vengeance, cela n'a rien &#224; voir avec l'acte de tuer. Imaginez qu'&#224; chaque fois que vous souhaitez la mort de quelqu'un, celle de votre voisin qui met la musique trop fort, celle d'une personne qui vous a fait du mal, ce souhait se r&#233;alise. Or, c'est un &lt;i&gt;d&#233;sir de mort capable de provoquer r&#233;ellement la mort&lt;/i&gt; qui est au c&#339;ur de &lt;i&gt;La Grande menace&lt;/i&gt;. C'est ce qui rend palpable la peur qui existe en chacun de nous : la peur de notre propre violence, de notre pulsion de mort envers autrui. Fort heureusement l'immense majorit&#233; d'entre nous sait faire la diff&#233;rence entre imagination, pulsion, d&#233;sir et r&#233;alit&#233;. Mais nous sommes tous plus ou moins confront&#233;s &#224; cette peur, qui censure parfois nos pens&#233;es violentes et qui nous interroge sur l'espace qui s&#233;pare la pens&#233;e et l'acte. Ai-je le droit de penser cela ? Qu'est-ce que cela va provoquer ? La question morale, celle du bien et du mal, est pos&#233;e en ces termes : &lt;i&gt;Penser mal, est-ce agir mal &lt;/i&gt; ? Qu'advient-il &#224; l'homme qui confond la pens&#233;e et l'acte ? La r&#233;ponse est toujours la m&#234;me : l'erreur, la folie, la mort. Dans &lt;i&gt;La Grande menace&lt;/i&gt;, Morlar est devenu un &#234;tre destructeur &#224; la logique meurtri&#232;re qui accompagne ses actes du discours nihiliste que j'ai &#233;voqu&#233; tout &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Dans le film, aussi bien la psychanalyste que l'inspecteur, deux &#234;tres dont la rationalit&#233; et l'objectivit&#233; sont &#233;videntes, finissent par &#234;tre persuad&#233;s que Morlar n'est ni un m&#233;galomane ni un fou, ni non plus un psychopathe, mais qu'il poss&#232;de r&#233;ellement le pouvoir d'agir &#224; distance et de donner la mort &#224; distance. Au fur et &#224; mesure que l'enqu&#234;te de l'inspecteur avance, certains faits troublants semblent faire glisser inexorablement le r&#233;cit vers la fronti&#232;re de l'irrationnel. Comment justifier l'inexplicable retour &#224; la vie du cadavre de Morlar, &#233;tendu dans l'appartement &#224; la suite de son meurtre par la psychanalyste et d&#233;clar&#233; mort ? Et ce n'est que le commencement car plus l'inspecteur accumule de t&#233;moignages sur la victime, plus le myst&#232;re s'&#233;paissit. Morlar poss&#232;de non seulement le pouvoir de provoquer des catastrophes mais encore celui de vaincre, de fa&#231;on surnaturelle, la mati&#232;re. Dans le film il ressuscite deux fois, la deuxi&#232;me &#233;tant celle o&#249; il revient &#224; la vie apr&#232;s que l'inspecteur ait d&#233;branch&#233; les appareils qui le maintenaient en vie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;D'o&#249; provient ce terrifiant pouvoir du mal ? Si le Christ a vaincu la mati&#232;re et la mort, c'&#233;tait par l'amour et pour le bien. Si Morlar r&#233;ussi &#224; son tour cette prouesse, c'est par la haine et pour le mal. Morlar ne serait-il pas alors la figure m&#234;me de l'Ant&#233;christ, c'est-&#224;-dire le visage du mal radical ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cin&#233;ma, comme d'ailleurs la litt&#233;rature, nous permet d'appr&#233;hender le mal dans sa radicalit&#233; et son absoluit&#233;. Ce qui est pour la philosophie et la th&#233;ologie un d&#233;fi constitue pour ces deux formes d'art un mat&#233;riau dont la richesse est in&#233;puisable. Non sans ambigu&#239;t&#233;, le cin&#233;ma exprime notre fascination m&#234;l&#233;e de r&#233;pulsion pour le mal et l'horreur. Mais le plaisir ne peut y &#234;tre &#233;prouv&#233; que parce que le mal est tenu &#224; distance, qu'il n'est pas exp&#233;riment&#233;, ni subi r&#233;ellement par celui qui n'en est que le spectateur, et non la victime. Le discours cin&#233;matographique sur le mal permet, gr&#226;ce &#224; cette distance, de sonder les ab&#238;mes du mal et de la m&#233;chancet&#233;, d'aller jusqu'au bout de la connaissance du mal. Il permet au spectateur de se projeter dans une &#171; &lt;i&gt;logique de &lt;/i&gt;l'abject &#187;, comme Georges Bataille l'a &#233;crit dans &lt;i&gt;La litt&#233;rature et le mal&lt;/i&gt;. Il ne s'agit pas d'expliquer ou de justifier le mal mais de le donner &#224; voir sous toutes ses facettes, de le prendre en compte comme une possibilit&#233; inscrite au c&#339;ur de l'&#234;tre humain. Le cin&#233;ma pose ainsi cette question : jusqu'o&#249; est-il possible de vouloir le mal ? Peut-on vouloir le mal pour le mal ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;On se souvient que Kant excluait la possibilit&#233; d'une volont&#233; diabolique choisissant d&#233;lib&#233;r&#233;ment pour maxime de son action de faire &lt;strong&gt;le mal pour le mal&lt;/strong&gt;. La faute morale consistait seulement, selon lui, &#224; s'excepter de la loi morale tout en en reconnaissant l'existence et la validit&#233; universelle. C'est pourquoi il &#233;crivait dans &lt;i&gt;La religion dans les limites de la simple raison &lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Il n'existe [&#8230;] pas pour nous de raison compr&#233;hensible pour savoir d'o&#249; le mal moral aurait pu tout d'abord nous venir&lt;/i&gt; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Faut-il pour autant renoncer &#224; essayer de comprendre le mal et de penser son origine ? L'&#233;chec des tentatives de justification ou d'explication du mal ne doit-il pas plut&#244;t &#234;tre compris comme une invitation &#224; reprendre le questionnement et &#224; penser le mal &lt;i&gt;autrement&lt;/i&gt; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ma part, j'envisagerai le mal selon trois axes : le premier sera celui de son origine, le deuxi&#232;me celui de son rapport &#224; la libert&#233; et, enfin, le troisi&#232;me axe sera celui de la compr&#233;hension du mal comme mal absolu.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;text-xl font-bold text-blue-900 mt-3 mb-2&#034; id='L-origine-du-mal'&gt;L'origine du mal&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Pourquoi le mal ? D'o&#249; viennent la souffrance, le p&#233;ch&#233; ? Questions graves, qui ont passionne&#769; bien des esprits, provoque&#769; bien des r&#233;ponses dans le camp des philosophes comme dans celui des th&#233;ologiens. Face au d&#233;fi qu'il lance, tout &#224; la fois, &#224; la pens&#233;e et &#224; l'existence, nous dirigeons toujours nos plaintes vers le Transcendant lorsque nous interrogeons l'insondable opacit&#233; du mal et son scandale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Kant a distingu&#233;, dans la &lt;i&gt;Critique de la raison pratique,&lt;/i&gt; le &#171; &lt;i&gt; &lt;/i&gt;mal subi&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; par la souffrance ou l'injustice du &#171; mal commis &#187; par la propension mauvaise de la volont&#233;. Toute souffrance provient d'une violence, d'une cruaut&#233; ou d'une m&#233;chancet&#233; subies, et c'est face &#224; ce qui nous accable que nous cherchons une raison en demandant : pourquoi ce mal, d'o&#249; vient-il, qui l'a commis ? Cette volont&#233; de trouver la cause du mal est une fa&#231;on de vouloir l'expliquer, une fa&#231;on de r&#233;duire notre ignorance en int&#233;grant le mal dans un discours rationnel qui lui donnera un sens et qui r&#233;pondra &#224; la question du pourquoi. Rechercher l'origine du mal, en d&#233;terminer la cause, c'est faire le premier pas sur le chemin du soulagement : le mal appara&#238;t moins angoissant d&#232;s lors que l'on est en mesure de l'expliquer un tant soit peu.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Ceci &#233;tant, faire provenir le mal de Dieu c'est lancer un formidable d&#233;fi th&#233;ologique. En effet, comment Dieu, cr&#233;ateur de toutes choses, infiniment bon et tout-puissant, pourrait-il &#234;tre le cr&#233;ateur du mal ? Pourtant, si Dieu est le cr&#233;ateur de toutes choses, il devrait, logiquement, &#234;tre &lt;i&gt;aussi&lt;/i&gt; le cr&#233;ateur du mal. La question est extr&#234;mement d&#233;licate puisque soutenir que Dieu est cr&#233;ateur du mal c'est dire que Dieu a voulu le mal, ce qui entre en contradiction avec la d&#233;finition m&#234;me de Dieu. Cette question est au c&#339;ur de toutes les th&#233;odic&#233;es. D&#233;j&#224; Platon, au livre II de &lt;i&gt;La R&#233;publique, &lt;/i&gt;a montr&#233; combien il est absurde d'affirmer que le dieu a voulu le mal car le concept d'une divinit&#233; m&#233;chante est une contradiction dans les termes. Le dieu de Platon est seulement cause du Bien, et le mal est radicalement &#233;tranger au pouvoir divin. L'origine du mal ne peut donc &#234;tre qu'une cause ext&#233;rieure au divin, par exemple la mati&#232;re qui &#233;chappe, par principe, &#224; la volont&#233; du dieu. Ce que pense Platon, dans la &lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt;, c'est donc la co&#239;ncidence parfaite entre le divin et l'Id&#233;e de Bien &#8211; Id&#233;e qui constitue le principe supr&#234;me du savoir aussi bien que de l'&#202;tre. Il s'ensuit que, pour Platon, le mal est un principe de corruption et que cette n&#233;gativit&#233; le fait d&#233;choir ontologiquement par rapport au Bien.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Or il semble bien difficile de n'attribuer &#224; Dieu que le Bien, c'est-&#224;-dire la seule &lt;i&gt;forme&lt;/i&gt; du monde, sans lui en attribuer en m&#234;me temps la &lt;i&gt;mati&#232;re,&lt;/i&gt; et donc le mal. Les th&#233;odic&#233;es des penseurs chr&#233;tiens ne peuvent, comme Platon, renvoyer l'origine du mal &#224; un principe qui &#233;chapperait au pouvoir de Dieu. Il faut donc trouver une autre origine du mal qui ne remette pas en cause le concept m&#234;me de Dieu englobant tout &#224; la fois sa puissance et sa bont&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Leibniz montre, dans ses &lt;i&gt;Essais de th&#233;odic&#233;e, &lt;/i&gt;qu'un mal qu'il nomme &#171; mal m&#233;taphysique &#187; est absolument n&#233;cessaire dans le monde, et que ce mal m&#233;taphysique n'est rien d'autre que la &#171; limitation des &#234;tres cr&#233;&#233;s &#187;. Ainsi le mal est-il identifi&#233; &#224; l'imperfection des cr&#233;atures. Cette imperfection est n&#233;cessaire parce qu'il faut que ce qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; soit inf&#233;rieur &#224; son Cr&#233;ateur. Dieu n'est donc pas responsable du mal dans le monde, car ce mal est inh&#233;rent &#224; l'imperfection du monde lui-m&#234;me en tant que monde cr&#233;&#233;. Cr&#233;er un monde, est un bien puisque l'&#234;tre est pr&#233;f&#233;rable au n&#233;ant, mais cela implique n&#233;cessairement une forme de mal puisque toute cr&#233;ature est et reste inf&#233;rieure a&#768; son cr&#233;ateur. Le monde est ainsi dot&#233; d'une dignit&#233; ontologique moindre que celle de Dieu, ce qui n'emp&#234;che pas, ajoute Leibniz, qu'il soit le meilleur des mondes possibles&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
On retrouve ici l'un des motifs constants de l'approche philosophique, aussi bien que th&#233;ologique, du mal. Il s'agit au fond d'identifier, d'une mani&#232;re ou d'une autre, &lt;i&gt;ce monde-ci &lt;/i&gt;au mal, pour renvoyer l'existence accomplie du bien dans un &lt;i&gt;autre monde, &lt;/i&gt;ext&#233;rieur et ontologiquement sup&#233;rieur a&#768; celui dans lequel nous vivons. Mais cette perspective consiste aussi &#224; tenir pour identiques le mal et la finitude ontologique, et a&#768; rendre par l&#224; le premier, le mal, aussi &lt;i&gt;logiquement n&#233;cessaire&lt;/i&gt; que la seconde, la finitude ontologique. Il est n&#233;anmoins possible de se demander s'il convient, pour expliquer le mal, de l'aborder seulement, comme le fait Leibniz, sur le versant ontologique du r&#233;el et de laisser par l&#224; m&#234;me dans l'ombre ce qui pourrait constituer l'origine essentiellement &lt;i&gt;morale &lt;/i&gt;du mal&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Tel n'est certes pas le point de vue de Kant lorsqu'il &#233;crit, dans &lt;i&gt;La religion dans les limites de la simple raison &lt;/i&gt; : &#171; Le mal n'a pu provenir que du mal moral (non de simples bornes de notre nature), et pourtant notre disposition primitive est une disposition au bien (et nul autre que l'homme lui-m&#234;me n'a pu la corrompre si cette corruption doit lui &#234;tre imput&#233;e) ; il n'existe donc pas pour nous de raison compr&#233;hensible pour savoir d'o&#249; le mal aurait pu tout d'abord nous venir.&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon Kant, l'origine du mal est donc insaisissable parce qu'elle n'est pas &#171; compr&#233;hensible &#187;. Elle lui appara&#238;t comme un probl&#232;me insoluble. Face &#224; cette obscurit&#233; ind&#233;passable, ce que l'existence effective du mal fait surgir c'est, fondamentalement, la question de la possibilit&#233; que le mal soit une caract&#233;ristique essentielle de l'homme lui-m&#234;me. En fait, pour Kant, l'homme a seulement un &lt;i&gt;penchant&lt;/i&gt; au mal &#8211; et &#224; un mal que Kant qualifie, non de &#171; mal m&#233;taphysique &#187; mais de &#171; mal radical &#187;, au sens o&#249; ce mal remonte jusqu'aux racines de notre conduite morale, ce qui fait qu'il corrompt le &lt;i&gt;fondement&lt;/i&gt; de nos maximes morales.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Pour r&#233;pondre &#224; la question de savoir d'o&#249; vient notre penchant au mal, quelle en est l'origine, Kant convoque le r&#233;cit de la &lt;i&gt;Gen&#232;se&lt;/i&gt; pour &#233;tablir que le mal a une origine rationnelle, c'est-&#224;-dire intelligible et non temporelle ; que ce penchant au mal ne provient pas de l'exp&#233;rience et que son origine demeure d&#232;s lors pour nous insondable et incompr&#233;hensible. Kant d&#233;finit ainsi le mal, en r&#233;f&#233;rence au p&#233;ch&#233; d'Adam, comme une faute morale puisqu'Adam s'est soustrait volontairement au commandement divin &#8211; commandement que Kant demande de comprendre comme une loi morale. Ce faisant, Adam a subverti radicalement la maxime de sa volont&#233;. Le fondement du penchant de l'homme au mal est depuis lors insondable, dans la mesure ou&#768; on ne peut rendre raison du premier choix, par Adam, d'une volont&#233; contraire a&#768; la loi morale. Pourtant, sans un tel penchant inexplicable on ne pourrait s'expliquer la possibilit&#233; de maximes contraires a&#768; la loi morale. Le penchant au mal est donc ce qui fonde, du point de vue subjectif, la possibilit&#233; de l'inclination a&#768; ne pas respecter la loi morale. En cons&#233;quence, le penchant au mal doit &#234;tre pens&#233; comme &lt;i&gt;inn&#233; &lt;/i&gt;puisqu'il pr&#233;c&#232;de tout acte sensible, et c'est par l&#224; que ce penchant est insondable et &#233;chappe a&#768; toute explication. De m&#234;me, on ne peut rendre raison de l'adoption par la volont&#233; d'une maxime contraire a&#768; la loi morale alors me&#770;me que la volont&#233; devrait adopter une maxime conforme au devoir.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;N&#233;anmoins, le penchant humain au mal peut aussi &#234;tre pense&#769;, en un certain sens, comme &lt;i&gt;acquis&lt;/i&gt;, c'est-a&#768;-dire comme choisi, en un sens, par l'homme lui-m&#234;me dans la mesure ou&#768; ce penchant r&#233;sulte de l'acte libre de la volont&#233; de celui qui en porte, d&#232;s lors, la responsabilit&#233;. Mais, plus profond&#233;ment, notre penchant au mal est &lt;i&gt;inn&#233;,&lt;/i&gt; au sens ou&#768; il n'est plus possible de modifier ce choix originaire de la volont&#233; pour le mal, m&#234;me si la conversion morale reste toujours possible. Le mal s'origine finalement dans la nature intelligible de l'homme, c'est-&#224;-dire dans sa propre &#171; personnalit&#233; &#187;, celle du sujet agissant librement sans &#234;tre d&#233;termin&#233; par des mobiles sensibles. Selon Kant, toute la force du mal radical provient du caract&#232;re incompr&#233;hensible de l'origine du mal moral. Seul le bien poss&#232;de un principe (la loi morale), et le mal repr&#233;sente la r&#233;sistance insondable de la volont&#233; devant le principe du bien.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Comme nous l'avons vu, se questionner sur l'origine du mal conduit &#224; des impasses philosophiques &#8211; et aussi th&#233;ologiques car, si le mal peut recevoir un sens, ce n'est certainement pas celui qui consiste a&#768; l'int&#233;grer, pour en amoindrir le scandale, dans une Providence incompr&#233;hensible pour nous. Il faudrait tout au contraire prendre le mal au s&#233;rieux en tant que d&#233;fi lanc&#233; a&#768; la libert&#233; humaine a&#768; partir de cette libert&#233; m&#234;me. En effet, pour Kant, nous entendons la voix de l'imp&#233;ratif cat&#233;gorique qui exige de nous que nous agissions moralement m&#234;me si nous faisons le choix du mal. C'est sur ce point qu'on peut mesurer l'originalit&#233; de la pens&#233;e kantienne du mal, pour autant qu'elle situe, comme je l'ai dit, le mal dans la nature humaine elle-m&#234;me, une nature qui n'est pas r&#233;ductible &#224; celle des choses physiques puisqu'elle participe du monde suprasensible, puisque la libert&#233; est a&#768; son fondement. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc a&#768; partir de la libert&#233; - et donc de notre raison pratique, et non plus th&#233;orique &#8211; que le mal acquiert son &#233;paisseur de scandale, et c'est a&#768; partir du moment ou&#768; nous renon&#231;ons a&#768; l'expliquer et &#224; en chercher l'origine que le mal prend un sens pour et par une pens&#233;e de la libert&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&lt;strong&gt;Article &#224; suivre&lt;/strong&gt; : Le Probl&#232;me du mal - Le mal dans son rapport &#224; la libert&#233; humaine&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'auteure&lt;/strong&gt; : Agn&#232;s Pigler, professeure agr&#233;g&#233;e, professeure de chaire sup&#233;rieure et docteure en philosophie, est l'auteure de plusieurs ouvrages sur Plotin, dont elle est une sp&#233;cialiste, et de nombreux articles concernant la philosophie antique, la philosophie morale et politique ainsi que la philosophie esth&#233;tique. Elle a enseign&#233; aux &#201;tats-unis, en m&#233;tropole et dans les territoires ultra-marins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Conf&#233;rence &#224; l'IMA le 3 f&#233;vrier - Averro&#232;s avec Ma&#239;monide : l'averro&#239;sme juif </title>
		<link>https://croyancesetvilles.fr/Conference-a-l-IMA-le-3-fevrier-Averroes-avec-Maimonide-l-averroisme-juif.html</link>
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		<dc:date>2026-02-02T08:25:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>KONARZEWSKI</dc:creator>


		<dc:subject>Religion </dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Islam</dc:subject>
		<dc:subject>Judaisme</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Communiqu&#233; - &#192; l'occasion des 900 ans de la naissance d'Averro&#232;s (Ibn Rushd, 1126-1198), l'Institut du monde arabe d&#233;die l'&#233;dition 2025-2026 de Falsafa, les Rendez-vous de la philosophie arabe &#224; cette figure majeure de la pens&#233;e universelle.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://croyancesetvilles.fr/-Theologie-et-philosophie-.html" rel="directory"&gt;Th&#233;ologie et philosophie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://croyancesetvilles.fr/+-Religion-+.html" rel="tag"&gt;Religion &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://croyancesetvilles.fr/+-Philosophie-+.html" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://croyancesetvilles.fr/+-Islam-23-+.html" rel="tag"&gt;Islam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://croyancesetvilles.fr/+-Judaisme-35-+.html" rel="tag"&gt;Judaisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Communiqu&#233; - &#192; l'occasion des 900 ans de la naissance d'Averro&#232;s (Ibn Rushd, 1126-1198), l'Institut du monde arabe d&#233;die l'&#233;dition 2025-2026 de Falsafa, les Rendez-vous de la philosophie arabe &#224; cette figure majeure de la pens&#233;e universelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Des philosophes juifs ont jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans la transmission et la traduction des commentaires d'Averro&#232;s en Occident. Mais qu'est-ce que 'l'averro&#239;sme juif' ? Comment la lecture conjointe de Ma&#239;monide et d'Averro&#232;s a-t-elle profond&#233;ment transform&#233; la tradition juive, par sa r&#233;interpr&#233;tation radicale et par les r&#233;actions qu'elle a suscit&#233;es ? Un &#233;pisode de l'histoire intellectuelle de l'Europe &#224; la crois&#233;e du juda&#239;sme, de l'islam et du christianisme.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Avec &lt;strong&gt;David Lemler&lt;/strong&gt;, philosophe, sp&#233;cialiste de la pens&#233;e juive m&#233;di&#233;vale. Il est Ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'UFR d'&#233;tudes arabes et h&#233;bra&#239;ques de Sorbonne Universit&#233;. Il a notamment publi&#233; : L'invention du juda&#239;sme. Comment les Juifs se d&#233;finissent eux-m&#234;mes (Albin Michel, 2025) et Cr&#233;ation du monde et limites du langage. Sur l'art d'&#233;crire des philosophes juifs m&#233;di&#233;vaux (Vrin, 2020).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;text-gray-700 pt-1 leading-relaxed text-justify&#034;&gt;Rencontres con&#231;ues et anim&#233;es par &lt;strong&gt;Jean-Baptiste Brenet&lt;/strong&gt;, m&#233;di&#233;viste, professeur de philosophie arabe &#224; l'Universit&#233; Paris 1 Panth&#233;on-Sorbonne, agr&#233;g&#233; de philosophie et docteur de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (section des sciences religieuses). Son travail porte principalement sur Averro&#232;s (Ibn Rushd, 1126-1198) et la pens&#233;e andalouse dont il &#233;tudie le g&#233;nie propre au sein de l'Islam, mais aussi l'h&#233;ritage grec et le legs au monde latin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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