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- Publié le 20 février 2026
Actes antireligieux – Actes antirépublicains : mais où est la laïcité ?

Selon les chiffres du Ministère de l’intérieur, le nombre d’actes antireligieux s’est maintenu « à un niveau similaire » en 2025 à celui de 2024, avec un total de 2489 faits recensés, dont plus de la moitié était des actes antisémites. Les actes antisémites ont diminué de 16% à 1320, ce qui reste « un niveau historiquement élevé », tandis que les actes antimusulmans ont bondi de 88% à 326 ; un total de 843 actes antichrétiens ont été recensés, soit une hausse de 9%, a précisé jeudi le ministère dans un communiqué.
Il ressort de ces constats, que depuis 25 ans, les actes antisémites « n’ont jamais été aussi élevés que pendant les trois dernières années ». Mais les actes antimusulmans et antichrétiens sont eux aussi en augmentation. Le contexte des attaques sanglantes du Hamas le 7 octobre 2023, suffirait-il à expliquer la hausse des premiers que l’interrogation persiste sur la hausse des deux dernières catégories d’actes anti-religieux et notamment celle des actes anti-chrétiens ? Doit-on y voir la réminiscence d’une guerre des religions, d’une guerre contre les religions ou d’un exemple du phénomène social, régulièrement observé et mesuré, de la montée des incivilités, de l’intolérance, de la violence dans la société française qui se manifestent dans les « refus d’obtempérer » jusqu’aux évènements tragiques de Lyon qui ont mené à la mort de Quentin Duranque.
Dans une Tribune, publiée jeudi dans le Monde, un collectif de citoyens français, juifs et musulmans, rejetant la mise en concurrence des souffrances, déclare, tout à fait justement « Lorsque la haine des juifs et la haine des musulmans progressent, la promesse républicaine se fragilise ». Mais qu’est ce que le promesse républicaine si ce n’est l’énoncé de l’article 1 de sa constitution : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » et sa devise « Liberté-Égalité-Fraternité ». À la re-lecture de ces énoncés, l’alerte de cette tribune lancée par Les Guerrières de la paix, un collectif de militantes engagées pour la paix, la justice et l’égalité, se trouve tout à fait légitime et justifiée. Il n’en reste pas moins que son message réduit au religieux un phénomène de fragilité sociale bien plus important, ou pour le moins ne l’envisage que sous le « sans distinction d’origine, de race ou de religion » ; un souhait, de moins en moins accessible ou atteignable, et qui semble être l’un – si ce n’est le principal, des problèmes ou maux qui mine la société française. On en voudra pour preuve les orientations, discours, programmes de certains partis politiques qui prospèrent sur cette difficulté.
Alors pourquoi se demander ici : « où est la laïcité ? ». La question qui se fait ainsi jour est, en termes philosophiques, celle de la distinction entre les principes (de la République) et les valeurs (de la République). Les principes ne sont en effet pas des valeurs, tout comme les valeurs ne sont pas des principes (fonctionnellement et substantiellement). Les principes ont pour objet de fonder, et, dans un registre politique, ils ont l’objectivité ou l’effectivité juridique d’une Constitution ou de ce qui en tient lieu. Ils commencent, ils commandent, ils sont intangibles. La Laïcité est un principe de la République. Les valeurs, en revanche – ou plutôt les évaluations dont elles sont des cristallisations temporaires – ont pour objet de hiérarchiser sur la base de certains jugement de valeur, et elles débouchent sur des ordres de préférence : on préfère la paix à la guerre, la convivialité à l’affrontement violent, ce sont des valeurs sociales et religieuses. Mais elles n’ont pas, en tant que telles, l’objectivité d’un système de principes objectivé dans la constitution ou dans la loi, elles n’existent pas sans forces, sans pratiques, sans des formes très diverses, même pacifiques, de conflictualité.
Avec pour racine la liberté, la liberté de croire ou de ne pas croire, la liberté de conscience, le principe de laïcité se trouve donc comme socle d’un ordre social apaisé, d’une liberté dont découle l’égalité et la fraternité. Mais tout cela, et il y faut y insister, ne peut se réaliser, sans éducation nationale, sans un système éducatif permettant l’acquisition de connaissances partagées et partageables par tous, sans l’acquisition du savoir, du savoir-être. Alors oui, les actes antireligieux sont des actes antirépublicains, mais en premier lieu, ils sont anti-laïques ! C’est ce qu’en France l’on aimerait, l’on devrait lire et entendre.

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