Certains contenus sont réservés aux abonnés.   ou  S'abonner
En accès libre

Cheminée ouverte : jusqu’à 1 500 euros d’amende dans 657 communes françaises

Depuis le premier novembre, de nouvelles restrictions encadrent le chauffage au bois dans plusieurs territoires français. Les cheminées à foyer ouvert sont particulièrement visées en raison de leurs émissions de particules fines, responsables d'une partie importante de la pollution atmosphérique. Cette extension des interdictions à 657 communes (sur plus de 30 000) tendrait donc à affirmer un renforcement progressif des politiques de lutte contre la pollution liée au chauffage résidentiel. Elle est plutôt vécue comme une nouvelle confiscation de liberté, de rêve et de bonheur.
Portrait de la rédactrice en chef
Olivier KONARZEWSKI
4 min de lecture
Partager :
Logo de l'article
Cet article vous est offert pour juger de notre travail

Pour accéder à la totalité des articles et à l'ensemble des analyses de Croyances & Villes, abonnez-vous.

Déjà abonné ?

L’interdiction permanente d’utiliser une cheminée à foyer ouvert concerne désormais 657 communes françaises.

Les restrictions s’appliquent aussi bien aux cheminées utilisées comme chauffage principal qu’aux installations servant occasionnellement de chauffage d’appoint.

Même une flambée destinée uniquement à créer une ambiance chaleureuse peut donc être interdite dans les communes concernées.

Cette réglementation s’est progressivement étendue depuis janvier 2022, lorsque 41 communes de la vallée de l’Arve, en Haute-Savoie, avaient adopté les premières restrictions permanentes.

La Métropole de Lyon a suivi en avril 2023, avant plusieurs territoires de l’Isère et le bassin stéphanois.

Quelles communes sont concernées par cette interdiction ?

Les restrictions touchent principalement six départements : la Haute-Savoie, la Loire, le Rhône, l’Isère, l’Ain et le Nord.

Depuis le 1er novembre 2026, les 95 communes de la Métropole européenne de Lille ont ainsi rejoint le dispositif.

L’Isère concentre le plus grand nombre de communes concernées, avec 358 municipalités réparties entre plusieurs plans de protection de l’atmosphère.

La Métropole de Lyon et les territoires voisins appliquent également des mesures similaires, tout comme Saint-Étienne Métropole et cinq communes environnantes.

Dans la vallée de l’Arve, l’interdiction concerne aussi les résidences secondaires et les hébergements touristiques.

À noter que Paris ne figure pas parmi les 657 communes recensées dans ce dispositif, même si d’autres règles locales peuvent encadrer le chauffage au bois.

Les habitants doivent donc vérifier les arrêtés préfectoraux applicables à leur commune avant d’utiliser leur cheminée.

Jusqu’à 1 500 euros d’amende

Le non-respect de cette interdiction peut entraîner des sanctions prévues par le Code de l’environnement.

Dans les territoires où ces dispositions pénales s’appliquent, l’utilisation d’une cheminée à foyer ouvert interdite peut être sanctionnée par une contravention de cinquième classe.

Le montant maximal de l’amende atteint 1 500 euros et peut être porté à 3 000 euros en cas de récidive, conformément aux conditions légales.

Les communications officielles de certains départements, notamment l’Isère et la Haute-Savoie, ne précisent toutefois pas systématiquement le montant des sanctions.

Il convient également de distinguer cette interdiction des obligations de ramonage, qui relèvent d’une réglementation différente.

L’interdiction d’utilisation ne signifie pas que les propriétaires doivent obligatoirement détruire ou retirer leur cheminée.

Les particules fines visées

L’objectif principal de ces mesures est de limiter les émissions de particules fines issues de la combustion du bois.

Ces polluants peuvent pénétrer profondément dans les voies respiratoires et contribuer à l’apparition ou à l’aggravation de maladies respiratoires et cardiovasculaires.

Dans la Métropole de Lyon, les foyers ouverts représentent environ 50 % des émissions annuelles des particules les plus fines.

Dans le bassin stéphanois, leur contribution est estimée à 20 %, tandis qu’en Isère, le chauffage au bois représente environ 70 % des émissions de particules fines.

Les cheminées traditionnelles présentent également un rendement énergétique limité, souvent compris entre 10 % et 15 %.

À l’inverse, certains équipements récents peuvent atteindre un rendement proche de 90 %, tout en réduisant considérablement les émissions polluantes.

Pour continuer à se chauffer au bois

Les propriétaires concernés disposent de plusieurs possibilités pour adapter leur installation.

Ils peuvent notamment équiper leur cheminée d’un insert récent, transformant ainsi le foyer ouvert en système fermé plus performant.

Les poêles à bûches et à granulés constituent également des alternatives, sous réserve de respecter les exigences techniques locales.

Certaines communes imposent des restrictions supplémentaires concernant les appareils anciens, notamment ceux fabriqués ou installés avant 2002.

Dans la Métropole de Lyon, ces équipements doivent notamment faire l’objet de nouvelles restrictions à partir du 1er avril 2028.

Avant d’engager des travaux, il reste donc essentiel de consulter les règles applicables localement et de choisir un appareil conforme.

L’extension des interdictions à 657 communes (sur plus de 30 000) tendrait confirmer le renforcement progressif des politiques de lutte contre la pollution liée au chauffage résidentiel. Un peu de rêve et de bonheur en moins.

Mais attention, le ramonage régulier reste obligatoire pour tous (au moins une fois par an, parfois deux selon les départements), sous peine d’une amende pouvant aller jusqu’à 450 euros

Mots-clés