Clairs-obscurs
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Cette semaine, après l’opération chirurgicale subie mardi après-midi par Léon XIV à l’hôpital Gemelli, un communiqué du Vatican a indiqué que l’équipe médicale sous la conduite du professeur Stefano Margaritora a mis au jour la présence d’un « adénocarcinome pulmonaire » qui est une forme du cancer du poumon.
Mercredi, matin, un autre communiqué du Vatican, plus rassurant annonçait que le pape avait passé « une nuit tranquille » et que nous aurions « des informations ultérieures dans la journée ». Depuis, les médecins, bien qu’optimistes sur le rétablissement du pape, ne se sont pas encore prononcés sur le maintien ou non du prochain voyage de Léon XIV en Amérique latine.
Beaucoup en viennent à se demander si la découverte de ce cancer ne sonne pas le glas d’un pontificat en plein essor, cela au moment même où l’on apprend dans le dossier Fides 2026 que le nombre de baptisés et de prêtres catholiques augmente dans le monde.
Cette étude qui rassemble et analyse les données tirées du dernier « Annuaire statistique de l’Église » indique que le nombre de catholiques dans le monde a augmenté de 16 690 000 par rapport à 2023, les catholiques représentant désormais 17,8% de la population mondiale.
Une tendance qui reflète l’engouement populaire qu’a suscité Léon XIV lors de sa visite en France, il y a trois semaines. Un voyage qui a mobilisé des foules immenses et s’est déroulé sans incidents, dans le calme ferveur.
Et là encore quelle contraste entre la paix et la concorde qui ont régné durant le séjour du pape et ce que nous vivons aujourd’hui dans nos rues, en France, et cela commence aussi en Italie, où les manifestations de lycéens, parfois très violentes, fleurissent d’un slogan pour le moins étrange « Bismillah, c’est les ténèbres ».
Le message, « Bismillah, c’est les ténèbres. C’est quand le blocus wallah mon frangin ? On vas tout casser. Mets-moi dans le groupe blocus Aichek », initialement posté sur un groupe Snapchat a été ensuite largement diffusée en ligne, puis le slogan est apparu sur de nombreuses pancartes des cortèges et lors de blocages d’établissements scolaires et universitaires en France.
Cette étrange expression, attribuée à un policier qui aurait tenté de se faire passer pour un lycéen et de s’infiltrer sur une boucle des réseaux sociaux de manifestants, est reprise ironiquement comme le symbole du décalage entre eux et les autorités.
Même Greta Thunberg, mise au parfum, a lancé un « Bismillah, c’est les ténèbres » teinté d’accent suédois dans une vidéo rapidement devenue virale.
Mais pourquoi avoir inventé cette expression et que voulait elle dire ? Littéralement : tout et son contraire . La locution arabe « Bismillah » signifie « au nom de Dieu » (symbolise la lumière), « c’est les ténèbres », convoque plutôt le Diable.
Après avoir été largement critiqué comme une caricature raciste du parler des jeunes français issus de l’immigration nord-africaine ou maghrébine, le slogan est devenu un moyen de tourner en dérision non seulement la tentative d’infiltration elle-même, mais aussi le profilage racial associé.
Le NPA s’est aussi saisi de ce slogan dans une publication sur les réseaux sociaux ainsi libellée : « Bismillah c’est les ténèbres. Ne parlez pas à la police ! (et exigez un avocat !) ».
Traduction moderne et populaire de « Cette obscure clarté » de Pierre Corneille dans Le Cid, l’oxymore « Bismillah, c’est les ténèbres » est devenu un mot d’ordre des manifestations et connait un « succès » bien différent de celui auquel prétendait et pouvait s’attendre son auteur.
Rien ne peut justifier les violences que nous vivons actuellement, mais les mots utilisés dans ces temps troublés ont leur importance. Ils doivent être pesés avant d’être écrits ou prononcés. De l’ombre, jamais la lumière ne jaillit.