«La République c’est le droit de tout homme, quelque soit sa croyance religieuse, à avoir sa part de la souveraineté. »Jean Jaurès

 

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  • Publié le 4 juin 2021

Non aux commémorations violentes qui dégradent notre Liberté

Si les religions occupent aujourd’hui de plus en plus de place dans notre espace publique, c’est bien parce que, n’en déplaise à certains, elles sont, pour le meilleur et aussi parfois pour le pire, le ciment de nombreuses communautés au sein de notre société.
La France, traditionnellement terre d’accueil et d’immigration qui abrite de nombreuses communautés religieuses a su, au terme de sa tumultueuse histoire, préserver et pacifier la liberté de culte de chacun dans le respect des différences. Quand elle adopte en 1905 le principe de laïcité par la séparation des Églises et de l’État, qu’elle inscrit dans l’article 1 de sa Constitution que « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. », c’est avant tout pour garantir le principe de liberté, liberté de conscience et liberté de culte.

Aussi quand plusieurs centaines de personnes participant à une procession catholique en hommage à des martyrs de la Commune (le massacre de la rue Haxo du 26 mai 1871 où 40 gendarmes, 10 ecclésiastiques et quatre civils furent exécutés par décret de la Commune) ont été violemment pris à partie samedi 29 mai dans Paris par d’autres manifestants venus célébrer le 150ème anniversaire de la Commune, on a de quoi s’interroger sur la compréhension par ces derniers du sens historique de ce qu’ils commémorent, l’héritage qu’ils défendent, et les condamner pour leurs incivilités et leurs actions violentes et répréhensibles vis à vis d’autres citoyens. Car ces "défenseurs" de la Commune ne doivent pas oublier que c’est la Commune qui la première, décréta la séparation de l’Église et de l’État, la suppression du budget des cultes et la laïcisation des services publics, notamment celle des hôpitaux. Elle instaura aussi le développement des bases de l’école laïque et gratuite, le droit pour les filles à l’instruction et à la formation professionnelle. Elle a aussi contribué à de nombreux acquis de notre République actuelle, tels l’abolition de la peine de mort, la révocabilité des élus, la gratuité de la justice, le développement des coopératives de production, la réduction de la journée de travail, la suppression des amendes patronales, l’égalité des salaires, le droit au divorce pour les femmes, l’égalité entre enfants légitimes et naturels, épouses et concubines et même... l’abolition de la prostitution.

Alors réduire une telle ambition et une telle épopée dont nous sommes tous les héritiers, la commémorer par des slogans surannés et stupides comme on a pu entendre « Tout le monde déteste les Versaillais ! À mort les fachos ! », des jets de projectiles, des bousculades et des coups (deux sexagénaires de la manifestation catholique ont été jetés au sol et une troisième personne a dû être hospitalisée après une blessure au crâne), ce n’est vraiment rien comprendre de l’article 1 de notre constitution ci-dessus évoqué et du sens de notre histoire, de la société française d’aujourd’hui et de nos libertés, un tribut chèrement payé par tous les citoyens Français.

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