« Pass » encore ...
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En vacances ou non, les français sont encore une majorité à bénéficier des aides mises en place par le gouvernement pour faire face à l’épidémie de Coronavirus. Depuis les annonces présidentielles du 12 juillet, ils sont aussi nombreux, plus d’un million par jour, nous dit-on, à se précipiter pour obtenir un rendez-vous de vaccination ou à se rendre directement dans les centres pour une première injection.
Plus que la menace de la quatrième vague, c’est celle d’être refoulés dans quelques jours des trains, des avions, des bars, des restaurants, des lieux de culture, etc, qui a eu raison des plus indécis. On notera, comme s’est empressé de le faire remarquer par communiqué la Conférence des Évêques de France (CEF) que les lieux de culte ne sont pas concernés par le pass sanitaire ou pour le dire autrement, les fidèles ne sont pas astreints aux deux injections ou au test antigénique ou PCR pour se rendre et assister aux offices religieux.
Nonobstant les recommandations faites et les assurances sur le suivi des gestes barrières données par une Église catholique responsable, on peut encore, une nouvelle fois s’étonner de la différence de traitement faite par le gouvernement, entre activités cultuelles et culturelles. Un nouvel épisode qui ne connait toujours aucune explication, ni grande contestation non plus. Qu’importe, une majorité des français ne sera pas en reste. Ils auront un accès libre aux nourritures terrestres : les grandes messes des supermarchés devraient aussi continuer d’avoir lieu, sans pass sanitaire.
Mais au diable les mots d’esprit. Tout cela ne convie guère à la joie et encore moins à la grâce. Dans toutes ces annonces présidentielles qui règlent nos vies et qui déterminent nos libertés, n’est-ce pas la Liberté que l’on fracture sous nos yeux et nos esprits étourdis du silence des confinement et, aujourd’hui, du tumulte des départs en vacances.
La Liberté, comme la société, ne se trouve-t-elle pas ainsi encore plus divisée par ces multiples libertés accordées aux uns et pas aux autres, sans jamais être données à tout le monde. « Un tout le monde », qui mérite un peu ce qui lui arrive pour ne pas avoir compris l’utilité civile et civique de la vaccination. Ne pas avoir compris que la vaccination est un pass (pour la) Liberté et non un pass sanitaire qui la restreint.
Le pass sanitaire fracture la société et, paradoxe de la tectonique socio-économique, y érige dans le même temps des murs : failles éducatives, sociales, économiques, culturelles et aujourd’hui sanitaire, segmentent et compartimentent depuis des années la société. Le courant « woke » et toutes les formes de pensées « intersectionnelles », en sont l’aboutissement. La segmentation, l’outil marketing par excellence, brutalise les sociétés et les acculture.
En ce jour de 14 juillet, fête nationale française, nous commémorons avec la prise de la Bastille, le renversement du pouvoir monarchique et un retour à l’unité du peuple français réuni sous la bannière de la liberté. N’est-ce pas l’occasion de réfléchir à l’état de cette liberté ? Encore ardemment défendue aujourd’hui au prétexte de l’identité et du droit individuel, la liberté ne fait plus qu’élever des murs entre les citoyens, de reconstruire des Bastilles.
Voilà un sujet à méditer cet été. Rendez-vous le 28 août, pour la rentrée.