«On ne fait pas d’élection avec des prières »Proverbe québécois

 

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  • Publié le 8 septembre 2021
  • Mise à jour: 10 septembre 2021

Un procès pour l’histoire

Au bout du mois d’août et du départ, du retrait, de la débâcle des forces américaines et la fin de la présence occidentale en Afghanistan, les tirs de joie et d’allégresse des talibans ont résonné dans ciel étoilé de Kaboul. Dans ce macabre spectacle d’un feu d’artifice à l’arme automatique et aux balles traçantes, la nuit est tombée sur l’Afghanistan et nombreux sont ceux qui pensent que les jours suivants n’y changeront rien. Dans toutes les religions et les spiritualités, les ténèbres symbolisent la menace constante qui pèse sur la lumière de l’âme et du cœur, et en occident, l’obscurantisme est le voile qui assombrit les Lumières, d’autant plus facilement quand celles-ci se menacent elles-même, par trop d’arrogance et d’aveuglement. N’est-ce pas la conclusion qui a été tirée ces derniers temps de l’échec de la présence américaine et de toute politique étrangère qui viserait à voir la démocratie comme le seul salut de pays et de peuples ; et à la leur imposer quoi qu’il en coûte. Des vies humaines et des milliards de dollars.
Mais, oui, dans l’instauration de la démocratie, la sécularisation des sociétés est toujours mise en jeu. Dans la liberté des individus, la liberté de conscience et de culte sont l’enjeu. Il n’y a pas de religions et encore moins de théocraties qui laissent libre car dans toute religion on ne demande pas simplement, et souvent même pas du tout, de croire, mais d’obéir à des lois, à des rites, et à les respecter. De faire communauté autour. La foi n’a pas toujours été et ne sera pas toujours identifiable à la religion ni même encore à la théologie. Toute sacralité, toute sainteté ne sont pas forcément, au sens strict de ce terme, s’il en est un, religieuses.

Religieux c’est pourtant l’adjectif que l’on accolera au silence qui probablement, sera observé ou demandé à l’ouverture des débats du procès des attentats du 13 novembre. Un silence du « religare », un silence à l’étymologie chrétienne du mot religion qui lie la religion au lien, précisément à l’obligation, donc au devoir et donc à la dette entre hommes ou entre hommes et Dieu.
Silencieux, Salah Abdeslam, seul rescapé de ces commandos de l’État Islamique, l’a été jusqu’ici. Va-t-il le rester tout au long de son procès : vil assaillant silencieux d’innocents, vil combattant attaquant des gens sans armes au nom de la religion d’un État islamiste. Mais de quelle religion ou de quelle patrie si ce n’est celle de la terreur et du malheur ?
Aujourd’hui même, à Kaboul, les talibans ont annoncé la composition de leur gouvernement, et comme il fallait s’y attendre, exclusivement composé d’hommes, bien décidés à faire immédiatement régner la chari’a, littéralement : la voie à suivre.
Mais quelle voie s’ouvre à nous six ans après les attaques du Stade de France, des terrasses parisiennes et du Bataclan, qui ont fait 130 morts et plus de 350 blessés, que celle de plonger dans l’horreur de ces crimes de masse avec notre justice et au nom du respect du droit humain. Nous allons et devons suivre cette voie pour l’histoire, pour celle des 1 800 parties civiles constituées et celle de notre République laïque, celle d’une foi adogmatique, dialectique et jurée dans la liberté, l’égalité et la fraternité. Notre credo est celui là. Celui de la démocratie. Et pour en donner une part à chacun, il surpasse de sa vérité et de sa puissance tous les autres. N’en doutons jamais !

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