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  • Publié le 26 février 2026

Une pétition pour rendre l’avortement accessible partout en UE

La Commission européenne rend jeudi son verdict après avoir reçu une pétition exigeant que toutes les femmes du continent aient accès à des avortements « sûrs ». Rien ne l’oblige à transformer cette initiative en nouvel acte juridique européen.

Le mouvement « Ma voix, mon choix », à l’initiative de cette pétition, reest sceptique sur la réponse de Bruxelles, qui devrait être présentée en milieu d’après-midi. « Nous avons obtenu des informations officieuses selon lesquelles le projet de décision est rédigé sur un ton négatif », a écrit le collectif d’organisations sur son site cette semaine durant laquelle Hadja Lahbib, la commissaire européenne aux Droits des femmes, a publié sur son compte Instagram : « Soyez patients, ayez confiance ». La réponse de la Commission sera « claire » et « transparente », a-t-elle ajouté, soulignant que l’Union européenne défendait « la sécurité et la dignité des femmes » en matière de santé.

Morale et religion

L’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) diffère nettement d’un pays européen à l’autre. Il est protégé par la Constitution en France, mais reste très restreint dans d’autres Etats de l’Union européenne pour des raisons morales ou religieuses. C’est notamment le cas à Malte. Ou en Pologne, un pays de 38 millions d’habitants qui dispose d’une des législations les plus strictes en la matière : seuls 896 avortements ont été pratiqués en 2024, selon des chiffres officiels. En Italie ou l’avortement est légalisé depuis 1978, dans certaines régions, de nombreuses femmes sont obligées de se déplacer en dehors de leur région pour accéder aux services d’avortement : à Caserte, 80 % des gynécologues refusent de pratiquer des avortements ; en Sicile, ce chiffre passe à 85 %.
« Nous savons que dans de nombreux pays européens, l’avortement n’est pas sûr, n’est pas accessible, n’est pas gratuit et nous voulons offrir à chaque femme la possibilité d’y avoir recours », avait déclaré en septembre l’italienne Federica Vinci, une des coordinatrices de cette initiative qui a abouti à une pétition citoyenne. Son groupe, My Voice, My Choice Italia, juge « inacceptable que des femmes meurent encore aujourd’hui en Pologne, ainsi que dans d’autres pays à cause de cela ». Il réclame que l’UE mette en place un mécanisme financier qui aiderait les États membres à proposer des avortements à celles qui n’y ont pas accès. Or ces associations et certains eurodéputés de gauche craignent que Bruxelles n’aille pas assez loin dans ce sens.

Cette pétition est une initiative citoyenne, un dispositif qui contraint l’exécutif européen à se saisir d’un dossier, moyennant un million de signatures provenant de citoyens d’au moins sept Etats membres différents. Ce mécanisme n’a toutefois pas d’effet contraignant : rien ne l’oblige à transformer cette initiative en nouvel acte juridique européen.

Illustration : Federica Vinci, coordinatrice My Voice My Choice Italia, Adjointe au maire d’Isernia.

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