Transports : le gouvernement veut en finir avec les violences sexistes et sexuelles
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En 2024, 3 400 victimes de violences sexuelles ont été recensées dans les transports, 91 % d’entre elles étaient des femmes. En Île-de-France, 7 femmes sur 10 déclarent avoir déjà été victimes de violences sexistes ou sexuelles dans les transports en commun. Derrière ces statistiques, il y a des femmes qui modifient leurs trajets, évitent certaines lignes, s’organisent pour ne pas se retrouver seules, calculent les risques avant chaque déplacement, renoncent à leur liberté de se déplacer.
Ce lundi 30 mars, le gouvernement s’est engagé en signant une charte avec l’ensemble des acteurs du secteur pour tenter de mettre fin à cette situation. L’engagement pris ce jour rassemble le Groupement des autorités organisatrices de transport, Régions de France, Île-de-France Mobilités, l’Union des transports publics et ferroviaires (UTPF), la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) et l’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), aux côtés des associations engagées dans la lutte contre les violences faites aux femmes.
L’ambition des ministres Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur et de Philippe Tabarot, ministre des Transports est de mettre en place un cadre permettant de prévenir davantage, de mieux détecter les situations à risque, d’améliorer la prise en charge des victimes et de garantir que chaque signalement trouve une réponse concrète. La charte signée lundi coordonne, valorise et renforce les dispositifs existants, les rend plus lisibles pour les usagers et soutient les acteurs de terrain dans leur action. Applicable en ville comme en ruralité, cette mobilisation collective a pour enjeu d’offrir à chaque Française, chaque Français la possibilité de se déplacer avec le même niveau de sécurité.
Lors de cette rencontre Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur a salué l’engagement quotidien des forces de sécurité dans les transports et la volonté forte des entreprises et des collectivités d’être à leurs côtés et d’approfondir le partenariat pour la sécurité quotidienne des voyageurs. « Chaque citoyenne et chaque citoyen doit pouvoir se déplacer à toute heure et sereinement dans les transports » a affirmé le ministre.
« Ces dernières années, dans de trop nombreux endroits, les femmes se voient assignées à résidence — ou risquent de l’être — en raison de situations d’insécurité bien réelles. Assurer leur sécurité et leur tranquillité, c’est garantir leur liberté d’aller et venir, de travailler et de vivre pleinement dans l’espace public. La charte signée aujourd’hui permettra de poursuivre et d’amplifier la mobilisation déjà engagée par les entreprises de transport et les collectivités territoriales. Je tiens à les remercier pour leur mobilisation constante et quotidienne face à cet enjeu, qui, au-delà du secteur des transports, constitue un enjeu pour l’ensemble de la société » a déclaré Philippe Tabarot, ministre des Transports
Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations a elle insisté sur la liberté des déplacements en déclarant : « Garantir la sécurité dans les transports dans nos grandes métropoles comme en ruralité, c’est garantir une liberté fondamentale. Aujourd’hui encore, pour trop de femmes, cette liberté reste entravée, limitée, conditionnée. L’État est au rendez-vous, partout, aux côtés de l’ensemble des acteurs, pour faire éradiquer les violences et rétablir cette égalité dans les faits. Faire des transports en commun des espaces sûrs pour toutes et tous n’est pas une option, c’est une exigence. »
La lutte contre les violences faites aux femmes est la Grande cause des deux quinquennats du Président de la République.