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- Publié le 26 mars 2026
Lionel Jospin : l’éthique protestante sans la foi en Dieu

Éduqué dans une famille de protestants pratiquants, Lionel Jospin, mort le 22 mars à 88 ans, aura été marqué toute sa vie par l’éthique protestante dans laquelle il a grandi, sans pour autant se dire croyant.
En décembre 1999, dans un avion de retour de Tokyo, l’ancien Premier ministre déclare aux journalistes qui l’accompagnent : « Le jour où vous aurez compris que je suis un rigide qui évolue, un austère qui se marre et un protestant athée, vous écrirez moins de bêtises. » La formule résume à elle seule le rapport de Lionel Jospin à sa foi d’origine : non une croyance, mais une culture forte – ayant façonné de manière décisive son identité politique et personnelle.
Dans l’histoire politique contemporaine, Michel Rocard et Lionel Jospin ont incarné, chacun à sa manière, le protestantisme, le premier ayant été le chef de patrouille du second lorsqu’ils étaient tous les deux chez les Eclaireurs unionistes, le scoutisme protestant. « De façon assumée » chez le premier et « plus distanciée » chez le second, selon une déclaration de l’historien Jean Baubérot à Libération. Ce que confirme également au quotidien l’ancien président de la Fédération protestante de France, Jean-Arnold de Clermont. « Rocard a toujours manifesté un intérêt pour ce que devenait le protestantisme », explique-t-il. Jospin, lui, s’y intéressait manifestement peu.
Au micro de RCF, François Clavairoly ancien président de la Fédération protestante de France (FPF) distingue trois aspects de la personnalité de l’ancien Secrétaire du Parti socialiste : d’abord, « le goût du débat utile », dans le but d’atteindre des objectifs concrets. Il a ensuite un « profond respect de la vie parlementaire et de la République », à laquelle s’ajoute un « grand attachement à la laïcité ». Ce dernier point est une véritable « particularité protestante », insiste François Clavairoly.
« Lionel Jospin était un socio-démocrate plus qu’un démocrate chrétien », déclare encore à RCF François Clavairoly. Ce qu’il édcrit comme « l’agnosticisme de Lionel Jospin » s’enracine dans une tradition protestante où la séparation du religieux et du politique prime. François Clavairoly fait ici référence à la Confession d’Augsbourg, la profession de foi principale des protestants luthériens qui marque la séparation entre foi personnelle et autorité civile.
Cette séparation du politique et du religieux aura été une pierre angulaire pour Lionel Jospin. Il s’inscrit dans un courant intellectuel que le philosophe protestant Paul Ricoeur, dont il est proche, a largement contribué à diffuser en France. De cette filiation découle une conception exigeante de l’engagement : servir la République sans dogme, faire primer la conscience civique sur la croyance, et considérer l’intérêt général comme une vraie boussole morale.
Emmanuel Macron, qui a décidé l’hommage national rendu ce jeudi 26 mars aux Invalides, a salué la mémoire d’un « grand destin français » qui incarnait « une haute idée de la République » par « sa rigueur, son courage et son idéal du progrès ».

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