«On ne fait pas d’élection avec des prières »Proverbe québécois

 

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  • Publié le 15 octobre 2021
  • Mise à jour: 19 octobre 2021

En hommage à Samuel Paty

Aujourd’hui, théoriquement les hommages au professeur Samuel Paty, assassiné pour avoir fait son métier de professeur et défendu la liberté d’expression, autrement dit d’expression de la liberté de conscience et donc l’expression de la laïcité, devraient fleurir tous les cours de l’Éducation nationale. Mais surprise, le ministère laisse libre les établissements d’organiser, au choix, une minute de silence ou un cours-débat d’une heure sur les notions et valeurs éducatives et républicaines que cet événement, ce drame, convoque, transgresse, anéantit.

À une liberté incarcérée et assassinée, l’Éducation nationale répond par une liberté de choix des établissements qui ouvre la porte à l’indifférence. Même si l’institution rendra officiellement hommage au professeur décapité en dévoilant samedi matin, dans le hall d’honneur de son ministère, une plaque en hommage au professeur, la consigne vient contredire par les faits la politique de fermeté sur la laïcité « tant vantée » par ce gouvernement. La liberté de choix qui est proposée, est ici la liberté d’ignorer ou de renoncer publiquement à ce qui fonde nos valeurs, laissant s’instiller à bas bruit dans les esprits des jeunes générations, une limite toujours violente à la liberté d’expression : l’idée de blasphème, une notion qui n’existe pas dans le droit français.

Ceci a une incidence beaucoup plus grave et plus profonde qu’il ne paraît. Car pour être donnée au corps enseignant (sans doute soulagé pour être encore et souvent trop peu soutenu dans ses combats contre l’obscurantisme) cette alternative percute l’idée même du franc-parler, de la franchise qui est à la base même de l’éducation, du savoir et de l’accès à la connaissance. La connaissance n’est-ce pas ce qui se plie à la démonstration, à l’explication et à la discussion, ce qui s’acquiert par la volonté et la curiosité, le courage de la découverte, l’acceptation « du tout autre », en résumé, les Lumières. Samuel Paty en était une, une flamme de la liberté, du courage de la connaissance, de la République qu’il eut été préférable et nécessaire, un an après, de raviver comme on le fait pour celle du soldat inconnu. Faire ce geste au niveau national c’était lui rendre hommage et protéger tous les français des vents mauvais de l’ignorance, du secret et de l’obscurantisme religieux qui nous menacent, qui soufflent sur la société française.

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