«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 19 septembre 2019
  • Mise à jour: 20 septembre 2019

Une troisième voie se dessine pour les églises orthodoxes russes d’Europe occidentale

Le sort des églises russes orthodoxes européennes est-il désormais scellé ? Ce n’est pas sûr. Une initiative d’un clerc belge ouvre une troisième voie aux églises orthodoxes opposées à leur rattachement à Moscou : le Patriarcat de Roumanie

Depuis le vote de l’assemblée générale extraordinaire de l’Aero du 7 septembre dernier les évènements se sont accélérés. Profitant de la courte majorité obtenue pour le rattachement de l’archevêché des églises orthodoxes russes d’Europe occidentale au patriarcat de Moscou, Mgr Jean de Charioupolis a ratifié ce vote le 14 septembre dans une lettre adressée à tous les clercs.
Avec cette missive, Mgr Jean de Charioupolis tente de mettre un point final officiel aux tergiversations sur le rapprochement avec Moscou. Mais bon nombre de fidèles opposés à cette éventualité vivent mal cette décision qui fait fi des règlements et dispositions statutaires de l’archevêché. Certains d’entre eux pointent également le non-respect d’une disposition incontournable concernant le changement de juridiction au sein des Églises orthodoxes : Tout passage d’un patriarcat à l’autre requiert de la part du dissident une demande de libération et une autorisation préalable à son départ. Or avant même de pouvoir faire cette demande, Mgr Jean de Charioupolis avait été mis en retraite fin août par le Saint Synode du Patriarcat de Constantinople. Ceci explique sans doute la lettre du 14 septembre et le passage en force de de l’Archevêque : « il n’avait pas d’autre solution que d’annoncer qu’il sortait personnellement de l’obédience du Patriarcat de Constantinople pour se placer sous l’autorité de Moscou, entrainant ainsi avec lui l’archevêché et ses paroisses » nous confie un fidèle d’une paroisse parisienne.

L’heure du choix

Les effets de cette lettre ne se sont pas fait attendre. Le lendemain, dimanche 15 septembre, lors de la kermesse à la cathédrale historique de la rue Daru, bon nombre de fidèles se félicitaient d’avoir entendu prononcer le nom du du patriarche russe Kirill dans la liturgie et de trouver désormais son portrait dans la grande salle de réunion attenante à l’église. Et déjà beaucoup de grandes paroisses comme par exemple Toulouse, ou des plus petites comme Olivier de Serre et Lecourbe à Paris, ont déclaré, suivant ainsi leur Archevêque, se rattacher au Patriarcat de Moscou.
Quant aux partisans du maintien de l’Aero avec son fonctionnement intégrant clercs et laïcs et donc opposés au rattachement à Moscou « on attend que les choses se tassent... » mais dans une certaine fébrilité. Certains ont demandé au métropolite Emmanuel leur rattachement à Constantinople, d’autres hésitent encore. C’est le cas des fidèles et clercs de la célèbre Colline Saint Serge et son centre théologique où dit-on la décision se prendra à la majorité, toujours indécise aujourd’hui.

Le patriarcat de Roumanie

Mais depuis la Belgique, une troisième voie semble se dessiner pour « les paroisses orphelines ». Le Révérend Père et théologien Christophe D’Aloisio – recteur de la paroisse de la Sainte Trinité, des saints Côme et Damien, de l’Église Saint Pantéléïmon et Saint Nicolas à Bruxelles, et également directeur de l’Institut orthodoxe Saint-Jean-le-Théologien, se serait tourné vers Mgr Joseph, métropolite du diocèse d’Europe occidentale et méridionale du Patriarcat de Roumanie pour obtenir sa protection.

La Cathédrale patriarcale de Bucarest - Wikipedia

Le Patriarcat de Roumanie rassemble aujourd’hui plusieurs centaines de paroisses et communautés roumaines de France, de Suisse, d’Espagne, du Portugal, d’Italie, de Hollande, de Belgique, d’Angleterre et d’Irlande. Mgr Joseph, en tant qu’évêque, est membre du Saint-Synode de l’Église Orthodoxe Roumaine, et membre de l’Assemblée des Evêques Orthodoxes de France. De quoi conforter les membres et les paroisses « égarés » dans l’idée que le rattachement à ce Patriarche et son Patriarcat serait la solution qui leur offrirait la meilleure garantie pour la conservation de leur patrimoine et pour la reconstitution à terme d’un archevêché sur le modèle de l’Aero.

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