«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

Cet article est en consultation libre

  • Publié le 6 octobre 2019
  • Mise à jour: 11 octobre 2019

Éditorial

Vulnérables

Des trois fonctions régaliennes de l’État français que sont la défense, la monnaie et la justice, il ne reste plus guère aujourd’hui que la défense nationale. L’euro a effacé le franc. L’Europe ne laisse pleinement à la justice française que son volet pénal. Quant à la défense nationale elle est très souvent renvoyée à la défense et à la protection d’un État français aux prises avec de nouveaux ennemis intérieurs : les terroristes, les activistes – militants, et même les manifestants. Djihadistes, black-blocs, gilets-jaunes, sont les visages d’une forme visible d’une radicalisation sociale qui s’opère désormais en France. Une radicalisation aux germes multiples qui fait enfler crescendo la violence dans le pays. Et si sa biologie est si complexe qu’elle est sans cesse confiée à des batteries de spécialistes, s’il y a un seul germe qui gangrène de l’intérieur la société française c’est bien celui des économies budgétaires.
En s’attaquant à tous les organes vitaux de notre pays : la police, la santé, l’éducation, la justice dans son principe et son institution, elles mettent en péril l’homéostasie de la société française et conduisent désormais chaque samedi des retraités, des salariés, de simples citoyens à manifester dans les rues, à confronter leur vulnérabilité à des forces de police et de gendarmerie aux ordres de l’État et de son pouvoir politique.
Climatique, sociale et économique, la vulnérabilité transforme le français en manifestants violents et désespérés, elle met dans la rue les soignants, les enseignants impuissants à la combattre, elle fissure les familles et précipite les jeunes dans la délinquance et pour certains dans radicalisation religieuse, elle conduit à trouver des lois bioéthiques qui permettent de s’affranchir des vulnérabilité naturelles. Ce n’est pas compliqué à comprendre. La vulnérabilité chez l’homme est un manque et finit toujours par s’emparer des consciences.
C’est sur cela que prospèrent toutes les organisations qui étaient cataloguées et traquées par la MIVILUDES (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires). Sacrifiée elle aussi sur l’autel des économies budgétaires, elle a été dissoute dans la cellule de prévention de la délinquance et de la radicalisation du seul ministère de l’intérieur.
C’est une décision grave, inquiétante et incompréhensible. Car la lutte contre les sectes et contre la radicalisation sont deux combats différents. On trouve des cas d’emprise mentale dans le monde religieux, comme dans celui de la santé, de l’éducation, du sport, dans le monde associatif ou professionnel… La prévention et la lutte contre les dérives sectaires n’est donc pas autre chose que la lutte contre la vulnérabilité et nécessitait donc une action interministérielle.
Le drame de la préfecture de Police de Paris a montré l’étendue de la vulnérabilité de la société française et celle de français, supposés insoupçonnables et puissants, face aux idéaux islamistes les plus mortifères. Cet acte odieux a été commis, comme cela nous a été rapporté des sms échangés, au nom d’un Dieu et soumis à son seul jugement. Alors désormais vers qui nous tourner ? Vers un « État providence », sans aucun doute. Il est temps de le repenser.

Opinion
Nos micro-trottoirs

«Quels signes ostensibles ?»

Découvrir

Tout savoir sur Croyances et Villes.

Découvrir


Une publication EXEGESE SAS, 14 rue du Cloître Notre-Dame 75004 Paris.