«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 10 juillet 2020
  • Mise à jour: 17 juillet 2020

« L’islamisme de France » : il faut s’attaquer aux racines du problème et non stigmatiser l’Islam de France

Mercredi au Sénat, le nouveau ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a jugé que « l’islam politique » est un « ennemi mortel pour la République », appelant à lutter « contre toute forme de communautarisme ». En 2016, dans un document intitulé « Plaidoyer pour un islam français. Contribution pour la laïcité », qu’il avait adressé aux candidats à la primaire de la droite en vue de l’élection présidentielle, Gérald Darmanin avait déjà consigné ses idées sur la mission qui incombe à l’État en direction du culte musulman. Il proposait notamment de s’inspirer de la politique de Napoléon envers le judaïsme pour « imposer à l’islam une concorde, c’est-à-dire un ensemble de règles, peut-être pour un temps défini, afin de l’assimiler totalement à la République ».

Depuis ces vingt dernières années, aucun candidat, à gauche ou à droite, ne propose vraiment de solution au problème du jihadisme, à la fois graine et fruit de l’islam radical et de sa manifestation sociale, sauf quelques-uns par le biais sécuritaire qu’on ne peut pas écarter mais qui ne suffit pas.
Car quid de la vision à long terme concernant près de 8 % de la population française de confession musulmane, sans compter les convertis de l’islam souvent moins par connaissance que par commodité : mariage, solitude, marginalisation sociale, échec familial, personnel, professionnel... La mise en place de processus de déradicalisation a-t-elle porté ses fruits ? Suffit-elle à réinsérer le jihadiste au sein de la communauté nationale ? Assurément non. L’excellent rapport sénatorial du 7 juillet dernier en apporte la preuve sociale. Alors, aujourd’hui comment surtout empêcher la poursuite et la diffusion de l’islam radical à toute la société ?
Comme le préconisait sans cesse Antoine Sfeir : deux visions s’imposent pour prendre le problème à la racine : l’école et la laïcité. Depuis les attentats de janvier 2015, les « intellectuels » dénoncent doctement le « laïcisme outrancier », sans rien expliquer. La laïcité ouverte et partagée est-elle un saucisson qu’on découpe à volonté ? Dans l’esprit de la loi de 1905, est laïc celui qui pratique librement le culte de sa religion – s’il en a une – dans l’espace privé. D’où la question essentielle que personne n’ose poser : faut-il intégrer la religion ou les individus ? Si le Coran est un système englobant, la laïcité l’est aussi, et transcende donc, comme la citoyenneté, nos appartenances identitaires, communautaires ou régionales. Notre devoir est bien d’intégrer tous les citoyens français, quelles que soient leur croyances ou leurs origines. Antoine Sfeir dans une audition en 2016 au Sénat déclarait à ce sujet : « Cela fait 44 ans que j’essaie de dire qu’il ne faut pas faire d’amalgame entre arabe et musulman ».
Qu’Allah bénisse la France ! d’Abd El Malik, publié en 2007 a été un véritable cri d’amour de sa part pour son pays, notre pays. Ils sont aujourd’hui nombreux comme lui, en France, dans nos villes, à proclamer leur choix des principes et valeurs républicains : autant de courroies de transmission vers des jeunes en quête d’identité, rejetés à la fois en France comme « étrangers » et comme Français dans un pays d’origine qu’ils connaissent à peine. La citoyenneté s’apprend dès le plus jeune âge ; c’est dans les classes du primaire que l’élève découvre l’altérité. Plus que jamais résonne la phrase de Saint Exupéry dans Pilote de guerre : « Celui qui diffère de moi, loin de me léser, m’enrichit ». L’intégration des français de toute origine et de toute confession doit passer par l’enseignement, non d’un catéchisme à l’école publique, mais de l’histoire des religions pour mieux appréhender l’histoire de l’humanité et donc l’actualité : comment comprendre la Renaissance italienne sans avoir appris l’histoire du christianisme, les évènements du pourtour méditerranéen sans étudier la civilisation islamique, la naissance d’Israël sans connaître l’histoire des juifs ? Il ne s’agit pas pour autant d’être candide, aveugle ou « droit-de-l’hommiste ».

Pour l’Islam de France : tout commence à l’école, car c’est là qu’il faut y reconstruire la citoyenneté. Pour l’islamisme de France tout se finit à l’école car c’est là que se construit la citoyenneté. Beaucoup de temps a été perdu à stigmatiser l’ « Islam de France » sans attaquer le seul et vrai problème : « l’islamisme de France » qui a la "haine buissonnière" et diffuse les valeurs antirépublicaines dans nos quartiers.

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