«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

Cet article est en consultation libre

  • Publié le 20 novembre 2019
  • Mise à jour: 24 novembre 2019

102ème Congrès des Maires

Congrès des maires : Emmanuel Macron contre l’interdiction des listes communautaires mais vigilant sur le communautarisme

Le président de la République s’est exprimé, ce mardi 19 novembre, au Congrès des maires de France, à Paris. Il s’est notamment prononcé contre l’interdiction des listes communautaires en vue des élections municipales de 2020, mais il a aussi promis des nouvelles mesures contre le communautarisme et parlé de "Civilité".

Contre l’interdiction des listes communautaires

Le président de la République a prononcé un discours de près d’une heure et demie et balayé de nombreux thèmes : suppression de la taxe d’habitation, services publics, décentralisation, et dialogue État-communes,... et il a notamment exprimé son opposition à l’idée d’interdire des listes communautaires aux municipales de 2020 en interrogeant son auditoire : « Comment définirait-on les listes communautaires ? Qui en sera le juge ? Selon quels critères ? Il ne s’agit pas de proclamer l’interdiction pour régler le problème. ». « Nous avons des règles claires, faut-il ici les bousculer parce que soudain les esprits s’échauffent ? Je nous appelle collectivement à la prudence », a-t-il poursuivi en rappelant que l’engagement politique est conforme au principe de liberté et qu’il ne fallait pas être naïf : « l’islam politique communautarisme est souvent caché et pas en liste (…) Ce qui compte c’est de faire tomber les masques et les débusquer ».
Emmanuel Macron a exprimé publiquement ce que depuis quelques semaines, l’entourage du Premier ministre Édouard Philippe avait déjà laissé entendre en réaction à la position défendue par le sénateur LR vendéen Bruno Retailleau, auteur d’une proposition de loi allant dans ce sens.
D’ailleurs, le sénateur de Vendée a rapidement réagi aux propos d’Emmanuel Macron en dénonçant à l’AFP/FranceInfo « un renoncement de plus  », qui « théorise l’impuissance de l’Etat et banalise le communautarisme ».

Vigilant sur le communautarisme

Mais dans son discours le chef de l’État a aussi annoncé de nouvelles mesures contre le communautarisme. Déclarant «  Je ne peux pas rester silencieux sur le communautarisme, l’islam politique »,il a en effet reconnu que « dans certaines communes, quartiers, progresse un projet de séparation d’avec la République. Ce sont les revendications sur les horaires réservés pour les femmes dans les piscines, ces endroits où la mixité n’est plus possible, ces services communautaires cherchant à se substituer à ceux de la République, ces déscolarisations d‘enfants. Les maires sont en première ligne à chaque fois. L’État agit et continuera d’agir ». De nouvelles directives seront donc transmises prochainement aux préfets par le Ministre de l’intérieur.
Le Président est également revenu sur la radicalisation et sur l’idée de « bâtir une société de vigilance ». Il a notamment réaffirmé aux élus présent que l’État est à leur côté pour exercer cette vigilance et leur transmettre des éléments nominatifs personnels et les aider à détecter les « signaux faibles de glissement ».
Estimant que la lutte contre le communautarisme est « un grand combat républicain », Emmanuel Macron a toutefois rappelé le cadre d’expression de la laïcité qui est selon lui un « cadre de neutralité et pas un cadre de combat et d’exclusion  ». Il a ainsi distingué dans l’exigence de la loi de 1905 et de la liberté de conscience un principe de « Civilité » qui touche à l’égalité entre les femmes et les hommes. On peut l’analyser comme une manière plutôt habile d’apaiser les tensions des débats actuels sur l’application de laïcité en mettant « balle au centre », c’est à dire en replaçant le principe de neutralité au centre de la laïcité et comme celui qui doit être prépondérant dans la société.

Evénement
Daniel Rycharski : « La Goutte creuse la pierre »

Nice - du 15 novembre 2019 au 12 janvier 2020, la Villa Arson, présente la première exposition personnelle en France de Daniel Rycharski, artiste polonais travaillant à l’intersection de divers contextes sociaux et politiques entre la Pologne rurale, la culture homosexuelle et les communautés de foi et un contexte politique conservateur et nationaliste.

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