«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Philippe LEGLISE
  • Publié le 19 juillet 2019

Biennale d’art sacré contemporain d’Autun

Jérôme Lequime "l’art sacré va bien au delà du religieux"

Commissaire général de la Biennale d’art sacré contemporain d’Autun, Jérôme Lequime revient sur le concept de la manifestation et sur le sens qu’elle attribue au sacré, dans une ville où la religion reste l’un des principaux pôle de son attractivité.

C&V : Quelle est l’idée force première de cette Biennale qui "ose" sacré et contemporain dans son titre ?
Jérôme Lequime : Elle repose sur trois axes :
Un lieu par artiste, ou plutôt un artiste par lieu, un lieu écrin. Il y en a 9 : 7 chapelles, l’évêché et l’ancienne prison cellulaire, pour mettre en valeur le patrimoine autunois qui est riche. Sur les neuf lieux, il y en a 7 qui sont privés, donc généralement fermés, c’est pour nous, un axe fort de l’initiative.
Le second axe : c’est la réunion d’artistes de renommée internationale qui viennent des quatre coins du monde, dans un souci de déambulation. Il eut été plus simple pour nous de tout regrouper dans un même lieu. Mais c’est un peu la complexité du concept qui justifie pleinement le troisième axe.
En effet, le troisième axe, ce sont des rencontres avec les artistes, des débats, des conférences, car notre biennale, ce n’est pas seulement des oeuvres, fussent-elles de grande qualité, c’est aussi des hommes.

C&V : Cette diversité, d’origines et de "techniques" est l’une des originalités de la Biennale...
J.L : Il nous semble important que ce ne soit stricto sensu français, mais qu’il y ait des gens qui viennent des quatre coins du monde et qu’à travers cette diversité de sensibilités, on ait aussi, c’est une des forces de l’initiative, une richesse sur l’offre. On ne se contente pas de plasticiens, mais on veut qu’il y ait aussi des vidéos, de la danse, du théâtre, de la musique. Et même, ce qui est nouveau cette année, du « land-art », une oeuvre participative, qui n’existe que si on y participe. Ce qui ajoute une dimension ludique qui intéresse aussi les enfants.

C&V : "Ludique", pour une Biennale d’art sacré ?
J.L : L’art sacré tel que nous le concevons est ludique, joyeux souvent, pas toujours, mais quand même. Et donc, on vient en famille. On ne peut pas dire que l’art sacré n’est pas intellectuel, mais en revanche, c’est ouvert à tous les publics.

C&V : Où situez-vous la frontière entre sacré et religieux ?
J.L Il y a quatre ans lorsque nous avons imaginé la biennale, nous nous sommes aperçus que lorsque l’on dit art sacré contemporain, la plupart des gens voient du liturgique. Et du liturgique chrétien. Et comme il y a un certain nombre de gens que le concept chagrine ou dérange, y compris dans les administrations. Même s’il convient de ne pas généraliser, nous n’avons pas toujours été vus d’un bon oeil au départ. Il nous a fallu faire de la pédagogie pour nous expliquer, puis ensuite les gens ont compris à travers la qualité des artistes que ce n’était plus simplement ’catho’, mais pouvait aller jusqu’à l’agnostique, jusqu’à des artistes qui ne revendiquent pas le religieux. Mais en même temps il y a dans leur quête une autre dimension qui, au delà d’une forme matérialiste liée à l’objet, relève d’une forme de spiritualité. Pour le catalogue, je prend le soin de réaliser des entretiens inédits sur la question du sacré et de la création et de ce que sacré veut dire pour les artistes. À côté de l’émerveillement, on donne ainsi à l’exposition, un sens, une intelligibilité

C&V : Quel intérêt portent les Autunois à votre manifestation ?
J.L  : Comme la Biennale se déroule dans des lieux du patrimoine, nous avons constaté lors de la première édition que de nombreux Autunois, pas forcément sensibles l’art contemporain, sont venus intéressés par la redécouverte de leur patrimoine. Et donc ils ont découvert l’art sacré à travers l’itinérance.

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