«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 21 décembre 2018
  • Mise à jour: 27 décembre 2018

EDITO : Le temps changé, les temps du changement

À l’heure qu’il est, tout le monde l’aura remarqué : le temps n’est plus tout à fait ce qu’il était. On ne parle pas ici simplement du temps météorologique, du temps chronologique qui passe et qui s’écoule d’une façon qui ne semble pas la même qu’autrefois, mais du temps historique, celui du passé et du futur qui a fait irruption dans dans notre présent, qui le brutalise, le violente de multiples échéances à saisir.

Cette fin d’année, le mouvement des « Gilet Jaune » , a réouvert le temps social celui des luttes passées et des impasses politiques. Une revendication lue sur les pancartes des derniers défilés « on ne veut pas passer notre vie à la gagner », témoigne des profondes difficultés matérielles mais surtout existentielles des manifestants qui ont enfilé un gilet jaune. Les évènements de ces derniers week-end souvent violents et violemment réprimés ont convoqué dans les faits et par les commentaires un passé révolutionnaire tourmenté et souvent épouvantable dont la République a émergé après de nombreux et douloureux périples, et aux prix de nombreuses vies, il faut le rappeler.

Dans les conditions actuelles, il n’est pas faux de parler de climat pré-révolutionnaire. Le gouvernement a eu d’ailleurs l’intelligence de le comprendre en décidant de ne pas instaurer l’état d’urgence à la suite de l’attentat de Strasbourg. Cela aurait sans doute mené à une véritable insurrection. En revanche on peut s’étonner de son usage, inconsidéré de mon point de vue, d’un certain vocabulaire tels les « cahiers de doléances » et « États Généraux », pour servir de support à sa grande consultation du malaise de la société française. Le risque est d’autant plus grand que les lois d’urgence sociale qui viennent d’être votées à l’Assemblée Nationale n’apportent en rien la certitude claire de leur mode de financement et d’une solution pérenne aux problèmes qu’elles doivent régler.

Ainsi, l’État renoncerait à son propre futur, l’équilibre du budget, après avoir convoqué celui des échéances du changement climatique pour justifier ses hausses et mesures qui ont enflammé l’opinion. Du coup les deux sont abandonnés au profit d’un présent d’expédients.

Et c’est bien ce que refusent tous ceux qui sont descendus dans la rue pour critiquer l’État et le cynisme de la société qu’il propose. Si leurs revendications sont catégorielles et matérialistes, elles n’en sont pas moins universelles en plaçant, dans un rapport de force il est vrai, la liberté, l’égalité et la dignité de vie comme idée première d’un monde à refonder

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